Économie
La dette américaine flambe, le Trésor ne rassure pas les marchés
Le rendement des emprunts d’État américains a atteint son plus haut niveau depuis 2023 et l’intervention du Trésor n’a pas calmé les marchés. Washington…


Le rendement des emprunts d’État américains a atteint son plus haut niveau depuis 2023 et l’intervention du Trésor n’a pas calmé les marchés. Washington croule sous une dette géante que les investisseurs jugent de plus en plus risquée.
Mercredi, le rendement des bons du Trésor à dix ans a touché 4,85%, son plus haut depuis 2023. Il a depuis reflué légèrement, mais il reste nettement au-dessus du niveau de la veille. Cette remontée survient alors que le Trésor vient de dévoiler son plan pour soulager le marché. Un plan qui a visiblement produit l’effet inverse de celui attendu.
Le Trésor a promis de racheter d’ici jeudi jusqu’à six milliards de dollars d’obligations à long terme. C’est trois fois le montant habituellement mobilisé pour ce genre d’opérations. D’autres rachats d’au moins quatre milliards de dollars sont prévus jusqu’au début du mois de novembre. Seulement voilà, la dette fédérale américaine dépasse les 40 000 milliards de dollars et le déficit pour 2026 est évalué à quelque 2 000 milliards. Autant dire que ces milliards, même répétés, ne sont qu’une goutte d’eau dans un océan. Les investisseurs ne s’y trompent pas. Ils analysent la démarche comme un tour de passe-passe incapable de régler le fond du problème.
D’autant que le Trésor avait annoncé dès le 19 août vouloir intervenir plus fortement sur le marché. À l’époque, le taux des obligations à trente ans venait de s’installer à son niveau le plus élevé depuis vingt ans. Le secrétaire au Trésor attribuait cette tension à la faiblesse des échanges estivaux, pas à une dégradation des fondamentaux. La réalité lui a donné tort. Les taux ont continué leur ascension.
Les raisons de cette défiance sont multiples. L’inflation reste tenace aux États-Unis et la guerre au Moyen-Orient a relancé les cours du pétrole. Le baril de Brent est même repassé au-dessus de 100 dollars mercredi. Or, quand les prix montent, la valeur de l’argent prêté s’érode. Pour compenser ce risque, les créanciers exigent des rendements plus élevés. Et le mouvement ne touche pas seulement Washington. Les taux des bons du Trésor servent de référence pour une grande partie des crédits dans le pays. Les particuliers comme les entreprises voient leurs emprunts devenir plus chers. C’est l’exact opposé des promesses présidentielles de baisse des prix et des frais d’emprunt.
Le président américain, lui, mise sur un retournement rapide. Il assure que les cours du pétrole chuteront après les élections législatives de novembre et que la guerre avec l’Iran s’arrêtera immédiatement une fois ce cap passé. Mais il avait déjà annoncé des baisses bien plus proches, qui ne sont pas venues. Ses revirements, notamment ses guerres commerciales, alimentent la méfiance des prêteurs. Ils veulent désormais une prime plus importante pour détenir de la dette américaine. Il faut dire que l’État fédéral n’est plus le seul à emprunter sur le marché obligataire. Les géants de la technologie s’y pressent aussi, avec des besoins colossaux pour financer leurs centres de données et l’intelligence artificielle. Cette concurrence accrue ne fait qu’ajouter à la pression sur les taux.
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