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Le baril franchit les 100 dollars et la guerre en Iran s’invite dans la campagne américaine

Des attaques iraniennes contre des navires dans le détroit d’Ormuz ont propulsé le prix du pétrole au-dessus des 100 dollars, une première depuis l’été. À…

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Le baril franchit les 100 dollars et la guerre en Iran s'invite dans la campagne américaine

Des attaques iraniennes contre des navires dans le détroit d’Ormuz ont propulsé le prix du pétrole au-dessus des 100 dollars, une première depuis l’été. À quelques mois des législatives américaines, cette envolée fragilise le pouvoir d’achat et complique la position de Donald Trump.

Le baril de Brent de la mer du Nord a encore pris près de 0,5 % lors des premiers échanges asiatiques, dépassant les 101,60 dollars. La veille, il avait déjà crevé le plafond symbolique des 100 dollars, du jamais-vu depuis juillet. À l’origine de cette poussée, la riposte de Téhéran contre plusieurs bateaux qui tentaient de traverser le détroit d’Ormuz, un passage dont le pays revendique le contrôle.

Téhéran a affirmé avoir visé deux navires américains, huit pétroliers et dix autres embarcations cherchant à franchir ce couloir stratégique. Il a justifié ces frappes par une réponse à des attaques américaines menées la veille contre cinq pétroliers iraniens, invoquant la légitime défense. Plusieurs bateaux ont été signalés en feu à différents endroits, et de nouveaux bruits d’explosions ont été rapportés au large le lendemain. L’Iran compte par ailleurs étendre bientôt la zone où une autorisation de navigation sera exigée, au-delà même du détroit. Les Gardiens de la révolution disent contrôler une portion du golfe d’Oman et de la mer d’Arabie, tandis que Washington impose un blocus sur les ports iraniens.

Auparavant, la circulation dans ce passage était libre. Il laissait transiter naguère un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié consommés sur la planète. L’instauration d’un feu vert obligatoire pour franchir Ormuz a été rejetée par plusieurs pays de la région, et le trafic y demeure profondément perturbé depuis le début du conflit.

C’est dans ce climat que Donald Trump a tenté de remobiliser ses troupes lors d’une convention républicaine exceptionnelle à Dallas, au Texas. Le président, qui a déclenché la guerre contre l’Iran en février aux côtés de son allié israélien Benjamin Netanyahu, a prédit que les combats cesseraient juste après les législatives de début novembre. Les Iraniens, selon lui, ne tiendront pas plus longtemps et cherchent désespérément à peser sur le scrutin. Devant son camp, il s’est toutefois gardé de fixer un calendrier précis, assurant seulement que la décrue surviendrait dès que la guerre serait gagnée.

Ses plus proches conseillers l’auraient pourtant alerté sur un risque bien plus long, celui d’un conflit qui s’étire des années, jusqu’à la fin de son mandat. De leur côté, les Gardiens de la révolution posent leurs conditions pour un arrêt des hostilités. Ils réclament le retrait de l’armée israélienne du Liban, le déblocage de milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés et l’engagement de ne plus toucher aux capacités nucléaires et balistiques du pays.

La question du nucléaire iranien reste au cœur des tensions. Des travaux se seraient intensifiés depuis un an sur le mont Kolang, dans le centre de l’Iran, où certains soupçonnent l’existence d’un complexe souterrain. Le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique a voté le renvoi du dossier iranien devant le Conseil de sécurité de l’ONU, en raison du non-respect par Téhéran de ses obligations. Un accord conclu en juin entre l’Iran et les États-Unis pour éteindre le conflit au Moyen-Orient a volé en éclats en juillet, et depuis, les négociations sont dans l’impasse.

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