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Kim Ju Ae, l’héritière présumée de Pyongyang, aurait un cadet dans l’ombre
Les services de renseignement sud-coréens estiment que la fille de Kim Jong Un est bien traitée comme la future dirigeante du pays. Elle aurait un frère…


Les services de renseignement sud-coréens estiment que la fille de Kim Jong Un est bien traitée comme la future dirigeante du pays. Elle aurait un frère ou une sœur plus jeune, tandis que la piste d’un aîné, encore à vérifier, ne ferait pas de lui un successeur possible.
Une seule famille tient la Corée du Nord depuis des décennies, et la question de la relève n’a jamais été aussi tangible. Les services de renseignement sud-coréens, qui suivent de près la dynastie au pouvoir depuis la création du pays en 1948, viennent de livrer leur lecture du moment. Pour eux, Kim Ju Ae, la fille du dirigeant, est bel et bien traitée comme l’héritière du régime. Ils estiment en outre qu’elle a un frère ou une sœur plus jeune.
Son nom n’était pas connu du grand public avant 2022. Depuis, Kim Jong Un la met en scène de plus en plus souvent, et pas dans n’importe quel cadre. Elle est apparue à ses côtés lors de plusieurs rendez-vous politiques majeurs, dont une visite à Pékin largement couverte par les médias. La propagande d’État a de son côté employé des mots qui pèsent lourd, la désignant comme une « enfant bien-aimée » et recourant au terme « hyangdo », cette formule réservée aux plus hauts responsables et à ceux appelés à leur succéder. Autant de signaux qui, mis bout à bout, dessinent une mise en avant soigneusement orchestrée.
Reste la question des autres enfants. Les mêmes services sud-coréens partaient jusqu’ici de l’hypothèse de trois descendants pour Kim Jong Un, sans pouvoir établir avec certitude l’ordre des naissances. Ils continuent de chercher à savoir si Kim Ju Ae a un frère aîné. Leur conclusion, en l’état, est nette. Même si un tel frère existe, il ne se trouve pas en position de devenir le prochain dirigeant. Une manière de dire que la place se joue ailleurs, ou du moins que la ligne de succession ne se lit pas seulement dans l’ordre d’arrivée dans la famille.
Le pouvoir nord-coréen s’appuie sur un culte de la personnalité qui imprègne la vie quotidienne, autour de ce qu’on appelle la « lignée du mont Paektu », dans un pays très isolé sur la scène diplomatique. Le parcours de Kim Jong Un en dit long sur la mécanique en place. Il a lui-même pris la suite de son père Kim Jong Il en 2011, perpétuant une dynastie fondée par son grand-père Kim Il Sung. La transmission du pouvoir ne se décide donc pas dans les urnes ni dans un congrès, mais au sein d’un cercle familial dont les secrets sont jalousement gardés.
Voilà pourquoi chaque apparition de Kim Ju Ae est scrutée, décryptée, interprétée. Pyongyang ne communique jamais officiellement sur sa succession, et les informations disponibles arrivent par fragments, souvent indirects. Ce que change cette nouvelle évaluation, c’est le cadre. L’héritière désignée semble désormais unique dans sa position, quel que soit le nombre d’enfants autour d’elle. Pour les observateurs, cela réduit un peu le brouillard autour d’une question qui structure, en silence, l’avenir d’un pays qui pèse lourd en Asie de l’Est.
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