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Nebraska, la guerre qui dure et les factures qui grimpent

À quelques semaines des élections de mi-mandat, des électeurs du Nebraska confient leur envie de voir le conflit avec l’Iran s’arrêter vite. Même chez…

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Nebraska, la guerre qui dure et les factures qui grimpent

À quelques semaines des élections de mi-mandat, des électeurs du Nebraska confient leur envie de voir le conflit avec l’Iran s’arrêter vite. Même chez ceux qui ont porté Donald Trump au pouvoir, la durée des combats et le prix des courses pèsent lourd.

Dans les allées de la foire d’Etat du Nebraska, entre manèges et stands agricoles, la question revient sans cesse. Kristin Benson, 39 ans, mère au foyer, a voté pour Donald Trump en 2024. Elle veut surtout que la guerre avec l’Iran se termine rapidement. « Si on arrivait à en sortir au cours de l’année prochaine, ce serait pour le mieux », lâche-t-elle. Le président, à ses yeux, « n’est pas du genre à vouloir s’éterniser » dans un conflit. Elle en est persuadée, il fera « de son mieux pour en sortir aussi rapidement que possible ».

Keir Albert, 20 ans, éleveur bovin, a lui aussi glissé un bulletin Trump dans l’urne. « Il soutient notre secteur, et les milieux d’affaires en général, bien mieux que l’autre parti », résume-t-il. Venu présenter quelques-unes de ses vaches à longues cornes, il juge que le président américain « s’en est plutôt bien sorti » jusqu’ici. Personne, admet-il, n’est ravi de voir les prix du carburant s’envoler. Mais la sécurité nationale compte davantage. Reste que la guerre contre l’Iran « a déjà un peu trop duré ». « Je suis prêt à ce qu’elle se termine. »

Les chiffres confirment ce trouble. Un sondage de l’université UMass Amherst montre que huit Américains sur dix estiment que le conflit a fait grimper le prix de l’essence et des courses, et 55 pour cent le considèrent comme une erreur. Le Nebraska, deux millions d’habitants et un fief républicain où Donald Trump a récolté près de 60 pour cent des voix en 2024, n’échappe pas à la frustration.

« C’est du gaspillage d’argent », tranche Pat Osiecki, 65 ans, ancien entrepreneur du bâtiment aujourd’hui retraité. « Tout ça parce qu’Israël nous a entraînés dans cette guerre », poursuit-il, regrettant que Donald Trump « ait suivi Israël aveuglément ». Il ne défend pas pour autant la bombe iranienne. « Je ne suis pas d’accord avec le fait que l’Iran puisse avoir des armes nucléaires, mais pourquoi est-ce que cela revient à nous de dire non ? » Le retraité avait fait le déplacement dans un café de son village d’Arapahoe pour écouter Dan Osborn, candidat indépendant au Sénat en novembre.

Sheryl Bach, 77 ans, ancienne employée administrative d’un barrage hydraulique, n’a pas voté à la dernière présidentielle. « Je n’aimais pas les candidats. Je ne les aime toujours pas », explique-t-elle. Interrogée sur le second mandat de Donald Trump, elle répond d’un pouce pointé vers le bas. Sur la guerre, sa position est nette. Elle n’aurait pas dû être déclenchée, et elle ne voit pas ce que le pays en tirera. Quant à une sortie de crise, elle ne distingue aucune piste évidente.

D’autres habitants se tiennent à distance du sujet. « Je n’ai pas vraiment d’opinion forte là-dessus, je laisse ça aux gens qui savent ce qu’ils font », dit Crystal Smith, 46 ans, taxidermiste venue admirer les animaux. Elle constate surtout que le coût de la vie « est en train d’exploser » et que « ça fait mal à la pompe ». « Je voudrais vraiment que ça se termine, mais il doit bien y avoir une raison pour laquelle nous faisons cela, non ? »

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