Faits Divers
Le ciel britannique reste saturé après la panne de contrôle aérien
Plus de 1 400 vols annulés en deux jours et un retour à la normale qui se fait attendre. La piste de la cyberattaque est écartée, mais l’énervement monte…


Plus de 1 400 vols annulés en deux jours et un retour à la normale qui se fait attendre. La piste de la cyberattaque est écartée, mais l’énervement monte chez les compagnies.
Les files de passagers ne désemplissent pas dans les aéroports britanniques. Une panne dans le système de traitement des plans de vol a mis le réseau à plat mardi. L’organisme en charge du contrôle aérien, qui dessert quinze aéroports, assure avoir corrigé le dysfonctionnement. Il prévient pourtant qu’une reprise complète du trafic prendra du temps. Les compagnies doivent repositionner des avions et des équipages qui ne sont pas là où il faut, une organisation à reconstruire au plus vite.
Le bilan est déjà lourd. Environ 1 300 vols ont été annulés mardi dans le pays, puis 177 mercredi, presque tous à Heathrow. Wizz Air compte de son côté 24 avions cloués au sol et 10 000 passagers concernés. Même le club de football Arsenal a dû annuler sa conférence de presse avant un déplacement à Naples en Ligue des champions, son vol ayant pris du retard. Liverpool, Birmingham, Édimbourg ou Dublin ont également subi des retards et des annulations.
Les compagnies ne décolèrent pas. Ryanair a supprimé 250 vols et son directeur des opérations réclame la démission du patron du contrôle aérien. Il rappelle qu’une panne du même type s’était déjà produite en 2023, et il assure que la note va se chiffrer en millions. British Airways a été forcée de dérouter plus d’une centaine d’appareils mardi après-midi. Elle prévient que les conséquences seront encore là dans les prochains jours, faute d’avions et d’équipages à disposition.
De son côté, la direction du contrôle aérien a présenté ses excuses. Elle refuse toutefois d’y voir une cyberattaque et promet une enquête très approfondie. Le patron de l’organisme a déjà été convoqué par la ministre des Transports, alors qu’un projet de loi sur l’aviation civile doit être discuté au Parlement britannique. Le timing est on ne peut plus mal choisi.
Côté voyageurs, la patience s’épuise. Une soignante qui devait rejoindre l’Irlande depuis Gatwick est restée coincée trois heures sur le tarmac avant de devoir descendre de l’avion. Elle compare la sortie de l’aéroport à une évasion d’Alcatraz, avec l’impression de tourner en rond sans connaître l’issue.
Ce scénario n’est malheureusement pas inédit. En 2023, une panne majeure avait touché plus de 700 000 passagers et entraîné environ 2 000 annulations en plein retour d’un long week-end. En juillet 2025, de nombreuses liaisons britanniques avaient aussi été annulées, provoquant la colère des dirigeants de compagnies aériennes. Le contrôle aérien fonctionne depuis 2001 sous un modèle public-privé dans lequel l’État demeure présent au capital, sans garder la main totale sur la gestion quotidienne.
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