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Le sud du Liban tremble après le dynamitage des tunnels du Hezbollah
Une série de déflagrations a secoué la région de Nabatiyé pendant que l’armée israélienne détruisait un réseau souterrain pris au Hezbollah. Le souffle a…


Une série de déflagrations a secoué la région de Nabatiyé pendant que l’armée israélienne détruisait un réseau souterrain pris au Hezbollah. Le souffle a été si violent qu’il a été enregistré comme un séisme de magnitude 4,1.
Les habitants du sud du Liban ont cru à un tremblement de terre. L’impression n’était pas si éloignée de la réalité. L’armée israélienne a fait sauter jeudi un ensemble de fortifications enterrées qu’elle venait de conquérir sur le Hezbollah, provoquant une secousse d’une force telle que les appareils de surveillance sismologique l’ont captée. Des journalistes présents dans la zone ont entendu plusieurs détonations successives. Et sur une vidéo diffusée par le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, une énorme boule de feu grimpe dans le ciel nocturne.
L’opération survient quelques jours après l’annonce, par les autorités israéliennes, de la prise de la crête d’Ali Taher. Cette zone montagneuse, située au nord du fleuve Litani, marque la limite du territoire libanais occupé par l’armée israélienne. D’après Israël, le Hezbollah y avait percé de nombreux tunnels, de quoi lancer drones et missiles vers les positions militaires israéliennes comme vers le nord d’Israël, de l’autre côté de la frontière. L’armée parle d’un poste de commandement de l’unité Badr du Hezbollah, abritant des salles d’armes et des lieux de vie qui permettaient aux combattants de tenir de longues périodes sous terre. Un responsable militaire israélien évoque huit galeries de circulation, des dizaines de drones explosifs et des centaines de mines mis au jour.
Sur place, la puissance du souffle a frappé les esprits. Joëlle Fares, installée depuis peu à Marjeyoun, à cinq kilomètres de la crête, raconte avoir sursauté en pleine soirée. « Nous étions assis et tout a tremblé », témoigne-t-elle, en mentionnant une odeur de poudre brûlée. Les ondes de choc ont porté jusqu’à Saïda, à une quarantaine de kilomètres de Beyrouth, et les services sismologiques américains ont relevé une secousse de magnitude 4,1 dans la région de Nabatiyé.
Derrière le fracas, l’enjeu reste politique. Benyamin Netanyahu revendique l’installation d’une « zone de sécurité » dans le sud du Liban, destinée à empêcher toute attaque contre le nord de son pays. Avec Israël Katz, il affirme que la destruction de ces infrastructures enterrées, bâties selon eux en vingt ans avec les moyens et la planification de l’Iran, parfait la mise en place de cette zone. Le Hezbollah avait entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en solidarité avec Téhéran, avant que les violences ne refluent à partir d’une entente entre l’Iran et les États-Unis en juin, suivie d’un accord entre Beyrouth et Israël. Pendant ces pourparlers, Washington avait suggéré de confier la crête d’Ali Taher à l’armée libanaise. Le Hezbollah a refusé.
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