Faits Divers
À Bukavu, un incendie dans une école déclenche une bousculade qui tue au moins quatorze enfants
Un feu d’origine inconnue s’est déclaré en matinée aux abords d’une école primaire de la commune de Bagira, dans la périphérie nord de Bukavu, avant…

Un feu d’origine inconnue s’est déclaré en matinée aux abords d’une école primaire de la commune de Bagira, dans la périphérie nord de Bukavu, avant qu’une bousculade ne piège les élèves. Les bilans avancés par les autorités locales et par le groupe armé M23, qui administre la ville, divergent fortement.
Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, est tombée en février 2025 aux mains du M23, un groupe armé soutenu par Kigali. Depuis sa résurgence en 2021, celui-ci s’est emparé de vastes portions de l’est de la République démocratique du Congo et y a installé sa propre administration, se substituant aux structures de l’État. La ville, posée au bord du lac Kivu et connue pour ses maisons de bois entassées à flanc de colline, connaît régulièrement des sinistres meurtriers.
Ce jour-là, l’incendie s’est déclenché pendant que les enfants étaient en plein cours. Très vite, la panique a gagné l’établissement et une bousculade d’une violence extrême s’est ensuivie. Les élèves se sont marché les uns sur les autres, certains ont cherché une sortie par tous les moyens, d’autres se sont effondrés, évanouis. Un enseignant de l’école primaire touchée raconte avoir entendu des cris surgir d’un coup, vu des élèves sauter depuis les étages et d’autres s’enfuir, avant qu’un grand feu n’embrase le bâtiment construit en planches. Des parents sont accourus de partout pour retrouver leurs enfants.
Le personnel d’une clinique voisine a reçu une cinquantaine d’élèves et quelques enseignants dans un état critique d’asphyxie. Dix d’entre eux sont arrivés sans vie, quatre autres sont morts sur place, ce qui porte à quatorze le nombre de décès, tous des enfants de moins de dix ans. Vingt-sept personnes, dont deux enseignants, ont été transférées vers d’autres hôpitaux de la ville dans un état grave.
Les chiffres, eux, ne concordent pas. Le chef de quartier de Bagira évoque un bilan encore provisoire de plus de cinq cents maisons calcinées et de vingt-sept morts. De son côté, le M23 a publié un communiqué faisant état de vingt-quatre décès, dont dix-neuf filles et cinq garçons, et de vingt-neuf personnes prises en charge dans des structures médicales. Vérifier ces données reste difficile, le groupe armé ayant provoqué la fuite de l’administration gouvernementale et réduit au silence les organisations de la société civile dans les zones qu’il contrôle.
Sur place, de grandes colonnes de fumée étaient encore visibles en milieu de journée. L’incendie a ravagé une large zone densément bâtie à flanc de colline, où des files d’habitants se frayaient un chemin entre les débris. Le sol était jonché de tôles froissées, tout autour de maisons réduites à l’état de carcasses.
Ce drame s’inscrit dans une série noire. En octobre 2025, un incendie avait déjà tué quatorze personnes, dont douze enfants, dans la capitale du Sud-Kivu. Dans les villes congolaises, largement privées de matériel de lutte contre les flammes, ce type de sinistre est fréquent. Les spécialistes pointent deux causes récurrentes, l’absence de distance entre les bâtiments et les raccordements illégaux au réseau électrique. Une salle de mariage de Kinshasa a ainsi été le théâtre d’un incendie qui a fait douze morts dans la nuit du vendredi au samedi.
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