Faits Divers
Toujours aucune sanction pour le policier municipal de Carcassonne dont les propos racistes ont fuité
Son avocat assure qu’aucune poursuite disciplinaire ou pénale n’a été lancée contre son client, un chef de patrouille membre du Rassemblement national. La…


Son avocat assure qu’aucune poursuite disciplinaire ou pénale n’a été lancée contre son client, un chef de patrouille membre du Rassemblement national. La mairie et le parquet, eux, promettent suspensions et retrait d’agrément.
Une conversation enregistrée à l’insu de ceux qui la tenaient, dans une voiture de patrouille, en novembre 2025. Un flot d’insultes racistes, sexistes et homophobes. Celui qui les prononce est chef de patrouille à la police municipale de Carcassonne et encarte au Rassemblement national. Quand l’audio arrive dans la presse, la indignation monte aussitôt.
Son avocat a pris la parole pour défendre sa position, et son message est simple. Aucune sanction disciplinaire n’a été prononcée contre son client, et aucune procédure pénale n’est engagée à son encontre. Il décrit une « conversation strictement privée tenue entre collègues de travail comme il y en a tous les jours dans les entreprises », qui n’avait pas vocation à être portée à la connaissance de qui que ce soit. L’intéressé, lui, a déposé plainte pour atteinte à la vie privée dès qu’il a appris l’existence de l’enregistrement. Cette plainte a conduit à l’ouverture d’une enquête le 31 décembre 2025, toujours en cours à ce jour.
En face, les annonces se veulent fermes. Le maire de Carcassonne, Christophe Barthès, élu en mars, a affirmé que les protagonistes de l’affaire seraient suspendus immédiatement et sanctionnés. Il précise que les faits remontent à la fin 2025, donc avant son élection. Le parquet a expliqué de son côté qu’il appliquerait les dispositions permettant de suspendre puis de retirer les agréments des policiers municipaux en cause, ceux qui ne remplissent pas les conditions d’honorabilité exigées par leurs missions.
Reste un écart entre les mots et les actes, que personne ne cherche vraiment à masquer. Les deux voies possibles, la disciplinaire du côté de la collectivité et l’administrative du côté du parquet, prennent du temps et n’ont pour l’instant rien produit de concret. Le dossier place aussi le maire dans une position délicate, puisqu’il doit répondre de faits survenus avant son arrivée et mettre en cause un agent de son propre camp politique. Pour les habitants comme pour les collègues de la police municipale, la vraie question n’est pas de savoir qui a dit quoi dans une voiture, mais ce qu’une ville fait quand ceux qui portent l’uniforme tiennent ce genre de propos.
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