Politique
À sept mois de la présidentielle, la droite et le centre avancent en ordre dispersé
Entre appels au dialogue restés sans écho, primaire réclamée par les uns et candidats qui tracent leur route chacun de leur côté, le camp sortant donne…

Entre appels au dialogue restés sans écho, primaire réclamée par les uns et candidats qui tracent leur route chacun de leur côté, le camp sortant donne l’image d’une machine sans pilote. Au cœur de ce flou, François Bayrou tente de remettre tout le monde autour d’une même table.
Le MoDem organise sa rentrée du 18 au 20 septembre à L’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse. Officiellement, c’est une université de rentrée comme les autres. Dans les faits, François Bayrou y voit surtout « un rendez-vous de ceux qui veulent un autre chemin » avant la présidentielle. Xavier Bertrand, Jean-Louis Borloo, Élisabeth Borne, Thierry Breton et Bernard Cazeneuve sont annoncés dans le Vaucluse. Le patron du MoDem, lui, a écarté une nouvelle fois l’idée d’être candidat. Il préfère jouer les chefs d’orchestre.
Sa partition tient en une idée. Face au « danger immense » que représentent le Rassemblement national et La France insoumise, il plaide pour une candidature unique sur le grand espace central. Le moyen, selon lui, passe par « une grande primaire ouverte », allant « des socio-démocrates aux libéraux, à ceux des gaullistes qui l’accepteraient », en commençant par le centre. Il assume le constat qui dérange. Personne dans cet espace n’a la légitimité d’avoir été choisi démocratiquement, résume-t-il en substance. Deux noms se retrouvent dans sa ligne de mire, Édouard Philippe et Gabriel Attal.
Édouard Philippe, justement, est le mieux placé dans les sondages sur ce créneau. Il a lancé un appel au dialogue aux partis de « la droite et du centre », sous la forme d’un comité qu’il veut réunir début novembre. La réponse a été glaciale. Bruno Retailleau, candidat chez Les Républicains, a dit non. David Lisnard aussi. Gabriel Attal, plus nuancé, n’a pas vraiment tendu la main non plus. Dans les couloirs, on résume l’initiative d’une phrase. « Il veut prendre le contrôle, se présenter en chef de tout le monde », souffle un acteur du dossier, avant de lâcher que tout le monde lui a « claqué la porte au nez ». L’épisode a tout de même animé le « comité de liaison » qui réunit Renaissance, Horizons, le MoDem, l’UDI et le Parti radical. Ce cénacle existe pour maintenir le fil, notamment avec le camp Philippe. Les deux candidats ont évoqué un retrait en faveur du mieux placé, à la fin de l’année ou au début de 2027.
Du côté de Gabriel Attal, la campagne tourne à plein régime. Saint-Malo, Metz, Le Mans, « opération 1.000 bistrots », propositions en série. Le décollage dans les sondages, lui, se fait toujours attendre. La carte de la primaire, qu’il n’a jamais formellement exclue sans jamais la défendre vraiment, pourrait rebattre les cartes. Elle compliquerait surtout la tâche d’Édouard Philippe, qui n’en veut pas. C’est le pronostic que François Bayrou formule en privé.
La primaire a ses partisans. David Lisnard, à la tête de Nouvelle Énergie, affirme avoir déjà ses 500 parrainages pour la présidentielle. Hervé Morin, président du Nouveau Centre, en est aussi. Selon un récent sondage, plus des deux tiers des électeurs de droite et du centre y seraient favorables. Ailleurs, d’autres se positionnent. Bruno Le Maire a publié un « manifeste » pour « une autre France ». Xavier Bertrand s’est à moitié déclaré lors de la rentrée du Medef. Sébastien Lecornu répète qu’il n’est pas candidat, mais certains de ses ministres entretiennent l’hypothèse.
Cette dispersion n’étonne pas Manuel Bompard. Pour le coordinateur de La France insoumise, le bloc macroniste n’a pas de projet unifié. Aucun candidat ne parvient à agréger les différentes nuances de la droite, analyse-t-il. Bruno Retailleau est trop conservateur. Gabriel Attal est trop libéral sur les sujets sociétaux. Édouard Philippe s’est droitisé et, surtout, il ne semble pas avoir envie d’y être. Il ne fait pas campagne. Et dans ce camp, prévient-il, personne n’aura intérêt à se retirer pour disparaître.
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