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La BCE serre encore la vis et prévient que l’inflation ne lâchera pas de sitôt

L’institution de Francfort a relevé ses taux directeurs d’un quart de point, portant le taux de dépôt à 2,5 %, un sommet inédit depuis mars 2025. La…

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La BCE serre encore la vis et prévient que l'inflation ne lâchera pas de sitôt

L’institution de Francfort a relevé ses taux directeurs d’un quart de point, portant le taux de dépôt à 2,5 %, un sommet inédit depuis mars 2025. La croissance tient mieux que prévu, ce qui laisse à la banque centrale la possibilité d’aller plus loin si les prix s’emballent.

La décision a été prise sans la moindre voix discordante. Réunis à Berlin, les responsables de la Banque centrale européenne ont choisi de relever leurs taux d’un quart de point, une deuxième hausse depuis le début de l’année qui ne faisait guère de doute. Le taux de dépôt, la référence du marché, grimpe ainsi à 2,5 %, son niveau le plus élevé depuis mars 2025. Christine Lagarde, la présidente de l’institution, n’a pas caché devant la presse que le sujet d’un nouveau tour de vis n’avait pas été abordé lors de la réunion, tout en laissant clairement entendre que le cycle n’était pas terminé. Un message loin d’être anodin pour les emprunteurs.

Le tableau dépeint par la BCE reste en effet dominé par les prix. Le conflit au Moyen-Orient alimente les tensions sur l’énergie, et l’inflation devrait demeurer nettement au-dessus de l’objectif de l’institution pendant encore longtemps. Le baril de Brent a dépassé la barre des 100 dollars pour la première fois depuis la fin du mois de juillet, dans un contexte de menaces persistantes sur les flux de pétrole qui transitent par les détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz. Ce qui inquiète surtout les gardiens de l’euro, ce sont les répercussions en cascade sur les autres prix et sur les salaires. Ces effets, dits de second tour, pourraient être plus lourds que prévu et finir par ancrer durablement l’inflation dans l’économie.

Les nouvelles projections publiées à cette occasion expliquent pourquoi l’institution s’estime encore en mesure d’agir malgré un climat géopolitique tendu. La croissance est désormais attendue à 0,9 % cette année, contre 0,8 % auparavant, portée par un premier semestre plus solide que prévu, en particulier en Allemagne. Elle atteindrait ensuite 1,4 % en 2027, puis 1,5 % en 2028. Du côté des prix, la hausse devrait se maintenir à 3,0 % comme annoncé en juin, avant de redescendre à 2,5 % en 2027, un chiffre revu à la hausse par rapport aux 2,3 % envisagés jusque-là à cause de l’envolée du pétrole.

Concrètement, ce relèvement des taux renchérit le crédit immobilier, les prêts accordés aux entreprises et le coût du financement des États. L’objectif est de refroidir progressivement la demande et de compliquer la tâche des entreprises qui voudraient augmenter leurs prix. Christine Lagarde a d’ailleurs refusé de dire que la bataille contre l’inflation était gagnée, une prudence relevée par plusieurs observateurs de marché, pour qui la porte reste ouverte à un resserrement supplémentaire.

Le rendez-vous est désormais fixé de l’autre côté de l’Atlantique. La Réserve fédérale américaine se réunit bientôt et une hausse de ses taux apparaît comme l’option la plus simple, portée par un marché du travail solide et une consommation résistante, selon l’économiste Stephan Bales, de la KfW. Les appels de Donald Trump en faveur d’un assouplissement rendent d’autant plus nécessaire, selon lui, une démonstration d’indépendance de la Fed. Interrogée sur les spéculations autour d’un départ anticipé de la BCE, relancées par la parution prochaine de son autobiographie début 2027, Christine Lagarde a répondu qu’il n’y avait rien à annoncer sur son avenir. Elle a en revanche rejeté fermement l’idée de Jean-Luc Mélenchon de geler ou d’annuler la dette française détenue par l’Eurosystème, y voyant une violation pure et simple du traité de l’Union européenne.

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