Économie
Le moteur français tousse, la croissance revue à 0,4 %
L’économie française avancera bien moins vite que prévu cette année, avec une progression ramenée à 0,4 %. Un ralentissement qui se répercute déjà sur les…

L’économie française avancera bien moins vite que prévu cette année, avec une progression ramenée à 0,4 %. Un ralentissement qui se répercute déjà sur les ménages, les entreprises et les comptes publics.
L’Insee a nettement revu son scénario à la baisse. Sa prévision de croissance pour la France s’établit désormais à 0,4 %, là où elle tablait encore sur 0,7 %. Le signal compte, car l’an dernier le produit intérieur brut avait progressé de 0,9 %. Deuxième économie de la zone euro, la France avancera donc environ deux fois moins vite qu’espéré il y a quelques mois. Deux ressorts essentiels s’essoufflent. Le pouvoir d’achat des ménages recule, ce qui pèse sur ce qu’ils achètent, et les entreprises freinent leurs dépenses d’investissement.
Trimestre après trimestre, le tableau se dégrade. L’activité s’est contractée sur les trois premiers mois de l’année, puis n’a pas bougé au deuxième trimestre. La reprise s’annonce très molle, avec seulement 0,1 % attendu au troisième trimestre et 0,2 % au quatrième. Un été marqué par des canicules à répétition et une sécheresse d’une ampleur record a lourdement pesé sur les récoltes et sur la production agricole.
Les ménages, eux, n’ont guère de marge de manœuvre. Leur pouvoir d’achat devrait se replier de 0,4 % sur l’année et les salaires ne suivent pas. Résultat, la consommation ne progresserait que de 0,3 %, et cette timide hausse reposerait uniquement sur les familles qui puisent dans leur épargne. La hausse des prix, elle, ne faiblit pas vraiment. L’inflation devrait passer de 2,7 % en août à 3,1 % en décembre, avec une moyenne de 2,3 % sur douze mois. Le conflit au Moyen-Orient fait craindre un maintien des prix au-dessus de la cible visée, et la Banque centrale européenne a relevé une deuxième fois cette année ses taux directeurs.
Du côté des entreprises, la prudence domine aussi. La hausse des taux d’intérêt renchérit le crédit, et les investissements devraient reculer de 0,3 %. L’incertitude autour du conflit entre l’Iran et les États-Unis n’arrange rien, aucune sortie de crise ne se dessinant à court terme. Le secteur privé devrait ainsi supprimer 52 000 postes sur l’ensemble de l’année, ce qui ferait grimper le chômage à 8,6 % fin décembre, contre 8,0 % fin 2025.
Ce coup de frein éloigne encore l’objectif de déficit budgétaire fixé pour l’année, à 4,9 %, alors qu’il était de 5,0 % en 2025. Le gouvernement, qui prépare le budget 2027 et compte le présenter en conseil des ministres d’ici la fin du mois, devrait être contraint d’annoncer lui aussi une révision à la baisse dans les tout prochains jours. Moins d’activité, c’est aussi moins de rentrées fiscales, et une cible qui devient presque hors d’atteinte.
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