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Un laboratoire en forme d’igloo se laisse volontairement emprisonner par la banquise arctique

La Tara Polar Station a entamé sa dérive sur les glaces de l’océan Arctique, un voyage qui doit se poursuivre jusqu’à la fin 2027. À son bord, douze…

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Un laboratoire en forme d'igloo se laisse volontairement emprisonner par la banquise arctique

La Tara Polar Station a entamé sa dérive sur les glaces de l’océan Arctique, un voyage qui doit se poursuivre jusqu’à la fin 2027. À son bord, douze personnes et des scientifiques de douze pays vont ausculter un océan qui se réchauffe bien plus vite que le reste de la planète.

Partie de Lorient le 19 juillet, la station et son équipage ont d’abord traversé les eaux russes. C’est un brise-glace océanographique chinois, le Xue Long 2, qui leur a ouvert la route. Puis est venu le moment clé. La Tara Polar Station s’est laissée prendre par les glaces, volontairement, pour ne plus les quitter. Une sorte de captivité choisie, au cœur d’une des régions les plus isolées du globe.

Pour la Fondation Tara Océan, qui pilote l’expédition, le moment est important. « C’est un moment très important pour la Fondation Tara Océan mais aussi pour l’exploration polaire en général », se réjouit son directeur général Romain Troublé. Il voit plus loin. « Collectivement, nous allons pouvoir vous raconter ce pôle, mais aussi poser un diagnostic sur l’état de santé de l’océan Arctique central et faire avancer la connaissance et la gouvernance de cette région sentinelle des changements globaux », ajoute-t-il. Derrière ces mots, une ambition concrète. Mieux comprendre ce qui se joue là-haut, et à quelle vitesse.

Une trentaine de centres de recherche issus de douze pays sont embarqués dans l’aventure. L’Allemagne, le Canada, l’Espagne, les États-Unis, la Suisse ou encore le Japon figurent parmi les participants. Leurs travaux porteront sur la biodiversité et sur la façon dont le changement climatique bouscule cet océan. Le constat de départ donne le vertige. L’Arctique se réchauffe trois à quatre fois plus vite que le reste de la Terre.

Le navire lui-même est un concentré de technologie, pensé pour encaisser les coups. Il doit résister à la pression de la glace de mer et tenir bon face à des températures qui peuvent plonger jusqu’à -52°C. Les membres de l’équipage vont dériver sur la banquise du pôle Nord pendant 350 à 500 jours d’affilée. De quoi enchaîner les relevés, les mesures et les observations, sans jamais pouvoir rentrer au port avant la toute fin prévue de la mission.

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