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Le couperet de l’inflation plane sur Trump à quelques semaines du vote

Un rapport très attendu sur les prix américains tombe dans un climat électrique. S’il confirme la flambée du coût de la vie, la banque centrale pourrait…

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Le couperet de l'inflation plane sur Trump à quelques semaines du vote

Un rapport très attendu sur les prix américains tombe dans un climat électrique. S’il confirme la flambée du coût de la vie, la banque centrale pourrait relever ses taux et compliquer sérieusement la campagne de Donald Trump avant les élections de mi-mandat.

Le verdict sur les prix aux États-Unis arrive, et personne ne l’attend de pied ferme. Si les chiffres confirment que le coût de la vie continue de grimper, la Réserve fédérale se sentira poussée à relever ses taux d’intérêt dès la semaine suivante. Pour Donald Trump, à quelques semaines d’un scrutin de mi-mandat, le timing ne pouvait pas être pire.

Depuis des mois, le président américain réclame des taux plus bas. Un argent moins cher, ce sont des crédits plus accessibles, des ménages qui consomment et une économie qui tourne. Sauf que la guerre lancée contre l’Iran fin février, aux côtés d’Israël, a relancé la hausse des prix dans son propre pays. Les étiquettes bougent en rayon et la patience des Américains s’effrite, tout comme celle des responsables monétaires, dont le mandat consiste à maintenir l’inflation autour de 2%.

Les investisseurs s’attendent à ce que l’indice des prix à la consommation du mois d’août progresse de 3,4% sur un an, soit le même rythme élevé qu’en juillet. De quoi placer la banque centrale devant deux chemins. Sans aggravation, une majorité pourrait se dégager pour ne rien changer, les taux directeurs restant dans la fourchette de 3,50% à 3,75% appliquée depuis décembre. Dans le cas inverse, un tour de vis paraît difficile à éviter.

Plusieurs responsables de l’institution ont laissé filtrer que ce rapport pouvait faire pencher la balance lors de leur prochaine réunion, programmée les 15 et 16 septembre. Il faudrait des chiffres bien meilleurs que prévu pour faire reculer la probabilité d’une hausse, résume une économiste de banque. Les marchés, longtemps indécis, parient désormais à plus de 70% sur un resserrement, alors qu’à pareille distance de l’échéance, leur certitude frôle d’ordinaire les 100%. Cette incertitude reste rare, sans être inédite, et elle naît de désaccords sincères entre décideurs autant que du refus du nouveau patron de l’institution, arrivé au printemps, d’envoyer des signaux explicites aux investisseurs.

Le locataire de la Maison Blanche se dit convaincu que les cours du pétrole, dopés par les affrontements dans le détroit d’Ormuz, plongeront après le scrutin du 3 novembre. En attendant, le diesel enchaîne les records à la pompe. Ce carburant fait tourner les tracteurs et les camions, et les professionnels répercutent la facture sur leurs clients. L’essence ordinaire grimpe elle aussi, à contre-courant d’une rentrée où les trajets d’été se tarissent d’habitude. Même un indice d’août sans éclat annonce donc des lendemains plus lourds. La reprise de la guerre au Moyen-Orient et le conflit commercial avec le Canada n’ont fait qu’attiser les craintes, glisse une autre économiste.

Autre mauvaise nouvelle pour Washington, l’inflation pousse les prêteurs à réclamer toujours plus d’argent en échange du financement d’une dette publique déjà monumentale, qui gonfle d’autant. Par ricochet, les crédits accordés aux entreprises comme aux particuliers renchérissent, et cela avant même que la banque centrale n’ait bougé. Ces dernières semaines, une petite musique venue de la Maison Blanche laisse entendre que voter une hausse des taux serait antipatriote. Le comité de politique monétaire compte douze membres, dont l’actuel président et son prédécesseur.

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