Culture
Céline Dion de retour sur scène, en larmes devant 30 000 fans à Nanterre
Six ans après avoir quitté la scène, la chanteuse québécoise a lancé à Nanterre une série de concerts que beaucoup n’osaient plus espérer. Submergée par…


Six ans après avoir quitté la scène, la chanteuse québécoise a lancé à Nanterre une série de concerts que beaucoup n’osaient plus espérer. Submergée par l’émotion, elle a promis à son public de « chanter la vie ».
Six ans sans scène. C’est fini. Samedi soir, Céline Dion a ouvert devant quelque 30 000 personnes une résidence de concerts très attendue, dans la Plenitude Arena de Nanterre, la plus grande salle couverte d’Europe. La star québécoise y est arrivée avec cinquante minutes de retard, en robe bustier noire. Et dès les premières notes de « On ne change pas », l’émotion l’a emportée. Elle a dû s’interrompre, le temps de respirer, avant d’envoyer des baisers à la foule.
« C’est bien sûr des larmes de joie, je suis tellement ravie de vous voir », a-t-elle soufflé face aux cris de ses admirateurs. Puis elle a évoqué la promesse tenue. « Ça y est, on est là ! C’était une promesse. Je suis debout sur scène, dans cette ville que j’aime tant grâce à votre soutien, votre amour. Merci, merci tellement. » Elle a poursuivi avec une image qui dit tout de son parcours. « Je me suis accrochée à un faible rayon de lumière au loin, au fond des montagnes. J’y croyais, j’y croyais. Et voilà, le soleil est là, le soleil est devant moi. Alors, ce soir, je veux chanter pour vous, chanter pour moi, chanter la vie. » Quelques mots en anglais pour les fans non francophones, et le spectacle a repris.
Dans la salle, des célébrités avaient fait le déplacement, comme les animatrices Ophélie Meunier et Laury Thilleman, le danseur Guillaume Diop ou le comédien Vincent Dedienne. La famille de l’artiste était là aussi, au milieu de milliers d’anonymes. Majoritairement féminine, la foule avait sorti le grand jeu, robes et hauts à sequins, joues pailletées, t-shirts à l’effigie de la chanteuse ou clin d’œil à ses tubes. « C’est irréaliste d’être ici ! J’étais sûre qu’on ne la reverrait pas », s’est réjouie Elisabeth Landry, Québécoise de 38 ans installée près de Charlemagne, la ville natale de la star.
Depuis qu’elle a quitté Las Vegas fin août pour la France, celle qui a vendu plus de 260 millions d’albums enchaîne les répétitions. Elle a même transformé les deux semaines précédant ce retour en une sorte de première partie grandeur nature, entre apparitions quasi quotidiennes et échanges avec des admirateurs capables de l’attendre tard dans la nuit devant son hôtel. Sans compter les produits dérivés, des t-shirts aux macarons. Le défi est loin d’être anodin. Après la mort de René Angélil, son impresario et père de ses trois fils, en 2016, puis l’annulation de sa tournée en mars 2020 à cause de la pandémie, son envie de remonter sur scène s’est heurtée à un syndrome de la personne raide. Cette maladie neurologique incurable lui empoisonne l’existence depuis une vingtaine d’années, mais n’a été diagnostiquée qu’en 2022. Exposée à de nouveaux épisodes de paralysie, elle avait alors donné des nouvelles inquiétantes de sa santé avant de disparaître pour se soigner. Sa réapparition, deux ans plus tard, sur la tour Eiffel pendant la cérémonie d’ouverture des JO de Paris, avec « L’Hymne à l’amour » d’Edith Piaf, l’a installée au rang d’icône.
L’annonce de cette résidence au printemps avait mis ses fans en ébullition, avec seize concerts jusqu’à mi-octobre et dix autres en mai 2027, sous la houlette du géant américain AEG Presents. Décrocher une place relève toutefois du parcours du combattant, entre des tarifs pouvant grimper à plusieurs centaines d’euros, que certains jugent rédhibitoires. Le spectacle de samedi doit maintenant lever une question que tout le monde se pose, sa capacité à défendre son répertoire trois soirs par semaine. Elle a de quoi s’y préparer. Première artiste féminine à remplir le Stade de France en 1999, elle sait l’exigence que réclament ses chansons, de « My Heart Will Go On » à « I’m Alive » pour le public anglophone, de « Pour que tu m’aimes encore » à « J’irai où tu iras » pour les francophones, deux classiques nés de « D’eux » en 1995 avec Jean-Jacques Goldman. Deux inédits sont annoncés pour 2026, en prélude à un nouvel album.
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