Europe
Golf d’abord, diplomatie ensuite, le voyage irlandais de Donald Trump
Deux jours en Irlande, un passage éclair à Dublin et beaucoup de greens. Le président américain brouille encore une fois la frontière entre sa fonction et…

Deux jours en Irlande, un passage éclair à Dublin et beaucoup de greens. Le président américain brouille encore une fois la frontière entre sa fonction et ses affaires, sous très haute surveillance.
Donald Trump a posé le pied en Irlande samedi matin. L’avion présidentiel s’est posé à l’aéroport de Dublin, et le programme officiel annonce deux jours de visite. Dans les faits, un long week-end de golf à peine interrompu par quelques poignées de main. Le président américain doit ensuite rejoindre son complexe hôtelier et golfique de Doonbeg, sur la côte ouest, dans le comté de Clare, où se déroule l’Irish Open. Un site acheté en 2014, et qui n’a rien d’un décor diplomatique.
Côté sécurité, l’opération est hors norme. Au moins 4 000 policiers et membres des forces de l’ordre irlandaises sont mobilisés, pour ce qui est présenté comme l’un des plus gros dispositifs jamais montés dans le pays. La facture est estimée à 20 millions d’euros. La présence du président à Doonbeg, un coin de littoral isolé, complique encore les choses, alors que quelque 40 000 spectateurs sont attendus sur le site pendant le week-end. À Dublin, des opposants au dirigeant américain ont prévu de manifester.
À Dublin, justement, le temps est compté. Le président doit d’abord rencontrer Catherine Connolly, dont la fonction est essentiellement protocolaire. L’entretien se tiendra sans journalistes, mais il est attendu avec curiosité, tant la femme est une figure de la gauche anti-OTAN qui a critiqué ouvertement Donald Trump et manifesté contre sa précédente visite, en 2019. Ses partisans espèrent un geste. Elle sait aussi qu’elle ne peut rien dire ni faire qui abîme les relations entre les deux pays. Viendra ensuite le Premier ministre Micheal Martin, pour un échange qui pourrait porter sur l’énergie, Washington pressant Dublin d’acheter davantage de gaz naturel liquéfié américain, mais aussi sur l’Ukraine, le Moyen-Orient ou le commerce. Les deux hommes se sont déjà reçus deux fois dans le Bureau ovale et semblent bien s’entendre, même si les dossiers fâchent, à commencer par la question palestinienne, dont l’Irlande est l’un des soutiens les plus fervents en Europe.
La priorité affichée de ce déplacement n’est pourtant pas la diplomatie. Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025 pour un second mandat, le milliardaire de 80 ans fait ouvertement la promotion des activités de golf de sa holding familiale, sans se préoccuper des critiques sur ce mélange des genres. Le calendrier rend l’exercice plus délicat encore. À quelques mois des élections de mi-mandat de novembre, les conservateurs redoutent de perdre le contrôle du Congrès, face au mécontentement des Américains sur le coût de la vie, sur la guerre en Iran et, plus largement, face à leur président. Voir ce dernier arpenter ses parcours et les vanter auprès des plus fortunés ne devrait pas arranger les choses.
Reste le sport, et son joueur vedette. Rory McIlroy, six fois vainqueur d’un tournoi majeur et actuellement deuxième joueur mondial, connaît bien Donald Trump, avec qui il a déjà joué. Le golfeur nord-irlandais a reconnu cette semaine que sa présence rendrait le tournoi différent, avant de recentrer le débat. Nous sommes là pour disputer un tournoi de golf, le parcours est bon, et nous devons rester concentrés et jouer. Le président américain pourrait bien se réserver la dernière image, en remettant lui-même le trophée au vainqueur à l’issue de la compétition.
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