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Meta lance ses notes communautaires et son propre conseil lui demande de freiner

Le conseil de surveillance de Meta prévient que les notes de contexte ne peuvent pas remplacer le travail des vérificateurs. Le groupe américain débute…

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Meta lance ses notes communautaires et son propre conseil lui demande de freiner

Le conseil de surveillance de Meta prévient que les notes de contexte ne peuvent pas remplacer le travail des vérificateurs. Le groupe américain débute pourtant son essai dans seize pays d’Amérique latine, sans dire quand le basculement sera total.

Meta avance. Depuis quelques jours, les utilisateurs de Facebook, Instagram et Threads dans seize pays hispanophones d’Amérique latine peuvent demander à participer à un programme inédit. Le principe est simple. Ils proposent du contexte sous des publications, un peu comme le permet X, la plateforme d’Elon Musk. Pendant cette phase de test, leurs contributions restent invisibles pour le reste des internautes. L’objectif affiché est bien plus vaste. À terme, ces notes communautaires doivent se substituer aux vérifications menées par des rédactions et des organismes accrédités. Meta n’a donné aucune date pour ce passage.

Ce projet ne fait pas l’unanimité, y compris au sommet de l’entreprise. Le conseil de surveillance, instance quasi indépendante financée par Meta pour examiner ses décisions de modération, a publiquement demandé au groupe de ne pas franchir le pas. Pour lui, les notes de la communauté ne peuvent pas tenir lieu de substitut à la vérification des faits. Les deux pratiques poursuivent des objectifs distincts. Il exhorte donc Meta à mobiliser tous les outils adaptés contre la désinformation, sans sacrifier la liberté d’expression ni laisser filer des préjudices évitables. Le message est clair. Si les notes de contexte nourrissent des débats et élargissent l’espace de parole, elles peuvent aussi provoquer des dommages bien réels, que Meta a la responsabilité d’empêcher ou de réparer.

Le conseil avait déjà tiré la sonnette d’alarme en mars. Il redoutait qu’un déploiement mondial du dispositif ne fragilise les droits humains dans des pays politiquement polarisés, surtout en période électorale tendue. D’autres voix rejoignent cet avertissement. La directrice du principal réseau international de vérification des faits estime que les notes communautaires, à elles seules, ne suffisent pas à réduire l’impact des fausses informations dangereuses. En Amérique latine, LatamChequea, qui rassemble 47 organisations de vérification, demande à Meta de revoir sa copie. Son argument tient en une phrase. Les notes de la communauté ne suffisent pas là où la désinformation est massive. Mieux vaut compléter les initiatives indépendantes que les effacer.

Le changement de stratégie tombe dans un contexte politique chargé. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio parcourt la région, et plusieurs dirigeants qu’il rencontre se sont alignés sur les choix de Donald Trump. Ces derniers mois, une série d’élections a propulsé au pouvoir des responsables de droite, peu enclins à réguler le numérique. Beaucoup s’appuient sur les réseaux sociaux pour construire leur image, ce qui nourrit, chez leurs détracteurs, des accusations de désinformation.

Ce virage n’a rien d’une surprise. Quelques jours avant le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Mark Zuckerberg avait annoncé la fin des partenariats de Meta avec les organismes de fact-checking aux États-Unis, déjà remplacés par les notes de la communauté. Le patron du groupe avait présenté ce choix comme un retour à la liberté d’expression, reprenant un argumentaire porté par les républicains. La question posée aujourd’hui est simple. Un outil qui libère la parole peut-il vraiment faire office de rempart contre les mensonges en ligne ? Le conseil de surveillance en doute. Meta, pour l’instant, laisse le test trancher.

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