Politique
Pour une quatrième fois, Nicolas Dupont-Aignan part à l’assaut de l’Elysée
Le souverainiste lance une nouvelle candidature présidentielle, persuadé que son moment est enfin arrivé. Ce samedi, il fait sa rentrée politique à…


Le souverainiste lance une nouvelle candidature présidentielle, persuadé que son moment est enfin arrivé. Ce samedi, il fait sa rentrée politique à Yerres, dans l’Essonne, avec la sortie de l’Union européenne comme unique proposition.
Nicolas Dupont-Aignan remet ça. Quatrième candidature à la présidentielle, et toujours cette même conviction chevillée au corps. Il se sent « obligé d’y aller », assure-t-il, persuadé que « c’est peut-être la fois où c’est le plus nécessaire ». Son argument n’a pas bougé d’un pouce. Il sera « le seul » à proposer la sortie de l’Union européenne et il veut « que les Français aient ce choix ». « Il n’y a que moi qui peut le faire, donc je dois le faire », martèle-t-il. Ce samedi, il retrouve son fief de Yerres pour lancer les hostilités.
Son bilan électoral a de quoi tempérer les ardeurs. En 2012, sa première tentative lui rapporte 1,8% des suffrages. Cinq ans plus tard, il grimpe à 4,7%, un score qu’il qualifie lui-même d' »inespéré ». Cette année-là, il conclut un accord avec Marine Le Pen, qui promet de le nommer Premier ministre en cas de victoire. L’alliance tient le temps d’un entre-deux-tours, puis il recule. Neuf ans après, une figure du Rassemblement national ne comprend toujours pas. Selon elle, des circonscriptions lui avaient été offertes et des candidats du parti avaient été écartés pour laisser la place aux siens. Tout avait été ficelé pour les législatives. Le revirement reste « incompréhensible » à ses yeux, et elle soupçonne Nicolas Dupont-Aignan d’avoir surtout craint de perdre sa propre circonscription.
La suite n’a pas été plus tendre. En 2022, sa troisième tentative devait être la dernière. Il l’a reconnu lui-même, « après 2022, je m’étais dit c’est fini ». Les urnes l’ont placé neuvième, avec 2% des voix. Plusieurs de ses troupes avaient déjà rejoint le Rassemblement national, dans le sillage de son ancien numéro deux Jean-Philippe Tanguy. Lui admet avoir « souffert » pour assurer sa « survie politique ». Aujourd’hui, à 65 ans, il s’appuie sur son fief du nord de l’Essonne, où il a été élu quatre fois maire au premier tour et six fois député. Un ancrage qui a vacillé en 2024, quand les législatives l’ont laissé sans mandat. Mais il a reconquis la mairie en mars, une victoire qu’il jugeait « très importante ».
Pour cette nouvelle campagne, les obstacles ne manquent pas. Il faut d’abord décrocher les 500 parrainages pour figurer sur la ligne de départ. Côté finances, « impossible » de trouver un prêt, seuls les militants alimentent la caisse. Nicolas Dupont-Aignan préfère retenir les chiffres des sondeurs. Selon eux, 8% des Français ont déjà voté pour lui une fois et le double souhaite le voir candidat. De quoi rêver de millions de voix. Il garde aussi en tête le « non » au référendum de 2005 sur la Constitution européenne, sa « seule belle victoire nationale ». Ces électeurs perdus, il croit les avoir retrouvés dans le « monde invisible » des réseaux sociaux, où il se présente comme « un des champions de Facebook ». Près de 800.000 abonnés, des millions de vues mensuelles, une communauté en partie nourrie par sa campagne antivax pendant le Covid. Ses vidéos sont tournées au sous-sol de son parti Debout la France, dans un ancien coffre-fort d’agence bancaire.
Son parcours ne manque pas de paradoxes. Il a fait l’ENA avec Jean-François Copé, a été conseiller ministériel de François Bayrou et Michel Barnier, et a marché dans les pas de Charles Pasqua et de Philippe Séguin. Rien n’y a fait. Il a défié Alain Juppé puis Nicolas Sarkozy pour prendre la tête de l’UMP, avant de claquer la porte après la victoire de ce dernier en 2007. Lui résume la chose d’une phrase. « Je suis orgueilleux et je suis résistant. » Pas rancunier pour autant, il avait appelé à voter Le Pen contre Macron en 2022. Cette fois, s’il obtient ses parrainages, pourra-t-il faire un autre choix ? « Je ne suis pas là pour me vendre à un tel ou un autre », balaie-t-il.
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