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L’ONU tient peut-être enfin sa première patronne

Rebeca Grynspan a repris la tête de la course au poste de secrétaire général des Nations unies, à l’issue d’un troisième vote du Conseil de sécurité.…

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L'ONU tient peut-être enfin sa première patronne

Rebeca Grynspan a repris la tête de la course au poste de secrétaire général des Nations unies, à l’issue d’un troisième vote du Conseil de sécurité. L’ancienne vice-présidente du Costa Rica devance désormais ses sept rivaux, dans une élection qui pourrait encore s’étirer sur plusieurs semaines.

Le Portugais Antonio Guterres, 77 ans, achèvera le 31 décembre son deuxième mandat de cinq ans à la tête d’une institution en pleine tourmente. Pour lui succéder, cinq femmes et trois hommes se sont lancés dans la bataille. Vendredi, le Conseil de sécurité a procédé à un nouveau vote à huis clos. Les quinze membres ont attribué anonymement à chaque candidat une mention, « encourage », « décourage » ou « sans opinion », sans jamais dévoiler leur choix. Rebeca Grynspan a récolté neuf encouragements, cinq désapprobations et un sans opinion. C’est la deuxième fois qu’elle arrive en tête, après un premier scrutin qui l’avait déjà placée première en juillet.

À 70 ans, cette économiste connaît les rouages de l’organisation sur le bout des doigts. Elle dirigeait depuis un peu plus de quatre ans l’agence de l’ONU pour le Commerce et le Développement, qu’elle a quittée récemment pour se consacrer pleinement à sa campagne. En 2022, elle avait négocié avec Moscou et Kiev l’Initiative de la mer Noire, un dispositif imaginé pour faire sortir les céréales ukrainiennes malgré l’invasion russe. Un CV qui pèse dans une maison où les crises s’enchaînent.

Derrière elle, la lutte reste serrée. Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana âgée de 53 ans, pointe juste après avec huit avis favorables, six défavorables et un sans opinion. C’est elle qui avait dominé le vote indicatif d’août dernier. Suivent ensuite l’Ougandais Olara Otunnu, ex-secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des enfants et des conflits armés, l’Argentin Rafael Grossi, qui dirige l’Agence internationale pour l’énergie atomique, et l’ancien président sénégalais Macky Sall.

Pour décrocher le fauteuil, il faudra convaincre au moins neuf pays et surtout échapper au veto de l’un des cinq membres permanents, États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni. L’Amérique latine revendique cette fois le poste, au nom de la rotation géographique entre continents, une tradition pas toujours respectée. Et beaucoup d’États font pression pour qu’une femme prenne pour la première fois les rênes des Nations unies.

Une fois le Conseil de sécurité parvenu à un accord, le nom sera transmis à l’Assemblée générale, qui en pratique entérine le choix. Le tout se joue dans un moment particulièrement lourd pour l’organisation, entre conflits qui se multiplient, blocages tenaces au Conseil et finances en berne. Le sommet annuel démarre mardi à New York, avec quelque 150 chefs d’État et dirigeants du monde entier attendus.

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