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Sécheresse. Les lave-autos à l’arrêt réclament la même clémence que les golfs

Des milliers de stations de lavage ont été fermées par arrêté préfectoral dans les départements assoiffés. Les professionnels du secteur crient à…

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Sécheresse. Les lave-autos à l'arrêt réclament la même clémence que les golfs

Des milliers de stations de lavage ont été fermées par arrêté préfectoral dans les départements assoiffés. Les professionnels du secteur crient à l’injustice et contestent le gain écologique d’une mesure qui, selon eux, pousse les automobilistes à laver leur voiture chez eux.

Depuis le 3 août, Pauline Perrin a éteint ses sept stations de lavage. Comme elle, des milliers de gérants ont vu leur activité stoppée net par les restrictions d’usage de l’eau instaurées pendant la sécheresse. Au 9 septembre, 74 départements se trouvaient en situation de crise, le niveau qui entraîne la fermeture pure et simple des lave-autos. Jean-Christophe Rogez, directeur général du réseau Éléphant Bleu et de ses quelque 400 stations, résume le sentiment général. Ses mots sont sans détour. « On est la seule profession à qui on interdit de travailler. »

Ce qui passe mal, c’est la comparaison avec d’autres usages. Les golfs peuvent continuer à arroser leurs greens. Les spas remplissent leurs jacuzzis. Dans l’arrêté préfectoral qui encadre l’eau en Côte-d’Or, Pauline Perrin a lu noir sur blanc que les golfs ont droit à entre 350 et 700 mètres cubes par semaine. Une voiture lavée en station, elle, se contente de 60 à 120 litres. Jean-Christophe Rogez concède volontiers que laver sa voiture n’a rien de vital. « Évidemment, même moi, je vais répondre non », admet-il, avant de dénoncer la « démagogie » qui entoure ce raisonnement.

Derrière les litres d’eau, il y a aussi des emplois. Le lavage automobile pèse un milliard d’euros par an en France et fait vivre 25 000 personnes réparties dans 10 000 stations. Environ 2 000 d’entre elles sont également des stations-service tenues par des indépendants. Pour ces dernières, la fermeture du lavage s’ajoute à l’effondrement des ventes de carburant. « Plus personne ne vient faire le plein, plus personne ne va dans leur boutique, plus personne ne va dans leur lavage », alerte le patron d’Éléphant Bleu.

Le secteur conteste surtout l’efficacité écologique de la mesure. Elle avait déjà été imposée pendant la sécheresse de l’été 2022. Cette année-là, 23 % des automobilistes avaient finalement lavé leur voiture chez eux, alors que c’était interdit. Or un lavage à domicile engloutit trois fois plus d’eau. En station, 95 % du volume utilisé est récupéré et traité, quand le jet d’un particulier envoie directement les polluants dans le sol.

Pour Pauline Perrin, l’attente s’annonce longue. Sans pluie d’ici là, ses portes ne rouvriront pas avant le 15 novembre et ses cinq salariés resteront au chômage partiel. Aucune aide n’est venue compenser ces semaines à l’arrêt, une pilule d’autant plus amère que la profession reste convaincue de ne rien faire gagner aux réserves d’eau du pays.

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