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La pression monte pour taxer les superprofits du pétrole en Europe

Plusieurs pays européens, Allemagne en tête, réclament une taxe sur les bénéfices exceptionnels des géants pétroliers. La Commission, elle, refuse…

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La pression monte pour taxer les superprofits du pétrole en Europe

Plusieurs pays européens, Allemagne en tête, réclament une taxe sur les bénéfices exceptionnels des géants pétroliers. La Commission, elle, refuse toujours de s’engager.

L’idée n’a rien de neuf, mais elle revient avec insistance. Réunis à Dublin, plusieurs ministres des Finances européens ont réclamé une taxe commune sur les profits exceptionnels des compagnies pétrolières. En première ligne, l’Allemand Lars Klingbeil, qui attend de la Commission européenne qu’elle formule enfin des propositions concrètes. Il lui reproche sans détour sa réticence à s’emparer du sujet.

Derrière l’Allemagne, d’autres capitales avancent dans la même direction. L’Italie, l’Autriche, la Pologne et le Portugal, rejoints par l’Espagne, réclament depuis des mois un prélèvement exceptionnel sur les bénéfices des géants du pétrole. Leur raisonnement tient en quelques mots. Ces groupes engrangent des gains records portés par la flambée des prix de l’énergie, et une part de cette manne pourrait financer des aides pour les ménages et les entreprises qui subissent la facture. Ces mêmes pays avaient déjà porté la demande par le passé, sans obtenir de réponse.

À Bruxelles, on préfère renvoyer la balle aux États. Le commissaire européen aux affaires économiques, Valdis Dombrovskis, rappelle que chaque pays peut déjà instaurer une taxe sur les bénéfices exceptionnels s’il le souhaite. Le Français Roland Lescure y ajoute une nuance de taille. Une mesure prise à l’échelle européenne ne pourrait pas être uniforme, tant les situations nationales diffèrent. « Ce choc nous affecte tous, mais il nous affecte chacun de manière différente », souligne-t-il.

Le ministre irlandais des Finances, Simon Harris, dont le pays préside actuellement les travaux de l’Union, propose un tout autre remède. À ses yeux, le levier le plus efficace pour faire baisser les prix des carburants reste une désescalade au Moyen-Orient et la réouverture du détroit d’Ormuz.

Car c’est là que se joue la flambée. Depuis le lancement d’une guerre contre l’Iran par les États-Unis et Israël, le trafic a chuté dans ce passage stratégique, axe clé pour les exportations de pétrole et de gaz. Conséquence directe, les entreprises du secteur énergétique ont vu leurs bénéfices s’envoler. De quoi nourrir les appels à une taxation exceptionnelle, sans que celle-ci franchisse pour l’instant le stade des annonces.

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