Économie
Objectif 5% de déficit en 2027, le gouvernement mise sur 54 milliards d’économies
Roland Lescure défend un budget qui table sur 54 milliards d’euros d’économies pour ramener le déficit public à 5% en 2027. Un cap jugé ambitieux mais…

Roland Lescure défend un budget qui table sur 54 milliards d’euros d’économies pour ramener le déficit public à 5% en 2027. Un cap jugé ambitieux mais atteignable, à condition que l’effort soit partagé par tout le monde.
Ramener le déficit public à 5% du produit intérieur brut en 2027. Voilà la cible que le gouvernement s’est fixée, et Roland Lescure ne la rejette pas dans le domaine du rêve. Le ministre de l’Économie qualifie cet objectif d’ambitieux, avant d’ajouter aussitôt qu’il est évidemment réalisable. Sa condition tient en une phrase, tout le monde devra s’y mettre.
Pour y parvenir, l’exécutif s’appuie sur un effort de 54 milliards d’euros sur les dépenses. Une somme qui doit permettre de faire redescendre le déficit à 5% l’année prochaine. Sébastien Lecornu a présenté les grandes lignes d’un budget 2027 qu’il veut offensif, en laissant volontairement le Parlement trancher certaines mesures sensibles, à commencer par celles qui touchent les retraités.
Avant ce grand saut, il y a l’année 2026. Là, le gouvernement vise un déficit public sous les 5,5% du PIB, et espère même atteindre 5,4%. Un an plus tôt, le chiffre s’élevait à 5,1%. La marche est donc déjà haute, d’autant que l’exécutif comptait initialement tenir les 5% dès cette année. Il a dû reconnaître il y a une semaine que cette cible ne serait pas respectée, ce qui rend les efforts à venir encore plus scrutés.
Les économies seront réparties un peu partout, l’État, les collectivités locales et les administrations de Sécurité sociale étant tous appelés à contribuer. Roland Lescure insiste sur un point, ne pas casser ce qui fait tourner l’économie. Le crédit d’impôt recherche est maintenu, et la surtaxe sur l’impôt sur les sociétés va reculer, à 5 milliards d’euros contre près de 8 cette année. En parallèle, les coupes dans les dépenses atteindront un niveau inédit, un signal direct envoyé aux marchés financiers et à ceux qui prêtent à la France, pour leur montrer que la réduction du déficit est prise au sérieux.
Reste le dossier le plus délicat, celui des retraités. Sébastien Lecornu a fait savoir que leur effort resterait sous les 6 milliards d’euros. Deux pistes sont sur la table, soit une désindexation des pensions par rapport à l’inflation, soit la suppression d’un abattement de 10% dont ils profitent aujourd’hui. C’est au Parlement de choisir. Les fonctionnaires seront eux aussi mis à contribution. Le ministre assume ce partage et le résume sans détour, sur les 54 milliards demandés, 6 concernent les retraités, et les 48 restants retomberont sur les autres.
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