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Le gazole n’a jamais coûté aussi cher, et l’État laisse l’aide en suspens

Le litre de gazole a franchi les 2,39 euros en France, un niveau jamais atteint auparavant. Le gouvernement promet de ne pas lâcher les travailleurs après…

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Le gazole n'a jamais coûté aussi cher, et l'État laisse l'aide en suspens

Le litre de gazole a franchi les 2,39 euros en France, un niveau jamais atteint auparavant. Le gouvernement promet de ne pas lâcher les travailleurs après septembre, mais sans dire encore sous quelle forme ni pour quel montant.

Le compteur s’affole à la pompe. Le gazole a dépassé les 2,39 euros le litre, effaçant le record établi au printemps. L’essence la plus achetée du pays, le SP95-E10, grimpe à 2,17 euros le litre et reste au-dessus de son sommet de juin 2022 depuis plus de dix jours. Faire le plein, ou simplement prendre sa voiture pour rejoindre son travail, devient un casse-tête pour de nombreux foyers.

Le climat social se tend. Des pêcheurs ont bloqué des dépôts pétroliers en Méditerranée, signe que la colère gronde. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, le reconnaît volontiers. Ce qu’il entend monter chez les Français relève aujourd’hui davantage de l’inquiétude que de la fureur. Un aveu qui dit la pression pesant sur les ménages.

Face à cela, l’exécutif promet de ne pas couper les vivres. Plusieurs ministres assurent que le soutien ne s’arrêtera pas à la fin septembre, tout en laissant entendre que ses contours pourraient évoluer. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, évoque un nouveau dispositif pour les actifs dès le 1er octobre, le maintien de l’aide actuelle n’étant qu’une piste parmi d’autres. Le ministre du Commerce, Serge Papin, annonce une réunion autour du Premier ministre pour en fixer les modalités.

Le système en vigueur verse 100 euros aux travailleurs qui restent sous un certain seuil de revenus et parcourent plus de 15 kilomètres entre leur domicile et leur emploi, ou plus de 8.000 kilomètres dans l’exercice de leur métier. Quelque 1,5 million de personnes ont déposé une demande, soit la moitié des trois millions de bénéficiaires estimés.

Derrière ces promesses, une ligne se dessine. L’État préfère des aides temporaires et ciblées à une baisse générale des taxes ou à un blocage des prix. Le déficit public, qui devrait grimper à 5,4% du PIB en 2026 après 5,1% l’an dernier, invite à la prudence. Une ristourne accordée à tous les automobilistes avait englouti 7,6 milliards d’euros en 2022. Roland Lescure assume ce choix. Alléger les taxes sur l’essence pour l’ensemble des conducteurs coûte cher, se révèle inefficace et injuste, plaide-t-il.

Les oppositions, elles, ont leurs recettes. LFI réclame un gel du prix à 1,70 euro le litre, Marine Le Pen veut faire passer la TVA sur l’énergie de 20% à 5,5%, et Bruno Retailleau propose de supprimer les certificats d’économies d’énergie. David Amiel, chargé des Comptes publics, rejette l’idée que l’État profite de la flambée, rappelant que les recettes tirées des carburants ont reculé entre mars et septembre. Il promet des annonces dans les prochains jours.

Le dossier dépasse d’ailleurs les frontières. Emmanuel Macron doit réunir les principaux candidats à sa succession pour plancher sur les retombées des conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, notamment sur le terrain de l’énergie et de la sécurité.

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