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Édouard Philippe veut une France prête pour le climat qui vient

Le candidat Horizons a présenté son volet adaptation avec un fonds de 2 milliards d’euros par an et un Canadair français à l’horizon de son quinquennat.…

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Édouard Philippe veut une France prête pour le climat qui vient

Le candidat Horizons a présenté son volet adaptation avec un fonds de 2 milliards d’euros par an et un Canadair français à l’horizon de son quinquennat. Il revendique une ligne médiane entre le scepticisme climatique et l’anticapitalisme.

Édouard Philippe a choisi les bords de Loire, aux Ponts-de-Cé, en Maine-et-Loire, dans l’agglomération d’Angers, dirigée par le numéro deux de Horizons et ancien ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, pour dérouler le volet adaptation de son programme environnemental. Le candidat Horizons s’installe sur un terrain que la droite fréquente peu. Son concurrent du bloc central, Gabriel Attal, a lui préféré Reims pour prononcer un discours sur les États-Unis d’Europe. Déjà attendu sur les retraites, Édouard Philippe avait aussi avancé des propositions sur l’immigration, le narcotrafic et l’économie.

Il raconte ne pas être né dans l’écologie politique, ce qui l’aurait préservé d’une approche idéologique. Sa prise de conscience, dit-il, s’est faite par étapes, comme pour beaucoup de gens de sa génération. Mais une succession de canicules, de mégafeux, de logements surchauffés et de nuits sans sommeil a changé la donne, selon lui. Son message se veut clair. Le climat de 2050 ne se choisira pas, il s’imposera. En revanche, la France peut décider d’être prête à l’affronter.

Sur le fond, il veut une politique de sécurité climatique. Il trace une ligne entre le scepticisme climatique du camp de Marine Le Pen et la doctrine anticapitaliste de Jean-Luc Mélenchon. Il égratigne ceux qui, à ses yeux, s’achètent un certificat écologiste en se faisant photographier auprès de populations éprouvées, une pique visant la candidate du Rassemblement national en déplacement en Gironde. Il dénonce aussi une mystification de la gauche radicale. Sans économie de marché, prévient-il, l’adaptation climatique ne pourra pas réussir. S’en passer, ajoute-t-il, reviendrait à choisir la décroissance.

Son plan tient en trois mots, protéger, adapter, équiper. Il promet un fonds unique d’adaptation au changement climatique, qui fusionnerait le Fonds Barnier et le Fonds vert, avec 2 milliards d’euros par an. Deux milliards, c’est important, reconnaît-il, mais face aux 5 milliards d’euros que coûtent chaque année les catastrophes naturelles, cet argent serait bien placé. Il promet aussi de supprimer tout le Code des marchés publics si un projet de simplification de la Commission européenne aboutit. Autre objectif, produire un Canadair français pendant son quinquennat, pour ne plus attendre qu’un autre pays accepte de vendre des avions quand la France brûle.

Il égrène d’autres mesures. Une journée nationale d’alerte inspirée de l’Allemagne. Une formation de chaque jeune Français aux gestes de premiers secours. Un accompagnement pour installer la climatisation, développer les réseaux de froid et réduire le gaspillage de l’eau, avec l’ambition d’atteindre 10 % de réutilisation des eaux usées, comme en Italie. Il veut aussi transformer l’agriculture, en expliquant que l’adapter aux nouvelles conditions climatiques donne des perspectives aux agriculteurs. Il plaide pour stocker l’eau davantage, mieux et de manière plus assumée.

Le débat sur les rythmes de vie doit aussi s’ouvrir, selon lui. À l’école, au travail, dans les services publics, les périodes de forte chaleur obligent à repenser les horaires. Cette tâche serait décentralisée. Trois chantiers se dessinent encore. Un plan baignade, après les 301 morts recensés. Un plan d’adaptation des infrastructures. Et un plan montagne, dont le modèle touristique doit changer.

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