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Suède, la gauche arrache la victoire et Magdalena Andersson hérite d’un casse-tête

La gauche suédoise l’emporte d’un souffle face au camp de droite et d’extrême droite, et Magdalena Andersson s’apprête à retrouver le pouvoir. Reste à…

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Suède, la gauche arrache la victoire et Magdalena Andersson hérite d'un casse-tête

La gauche suédoise l’emporte d’un souffle face au camp de droite et d’extrême droite, et Magdalena Andersson s’apprête à retrouver le pouvoir. Reste à bâtir un gouvernement dans un camp divisé, ce qui promet des tractations corsées.

La Suède change de cap. Au terme d’un dépouillement étalé sur plusieurs jours, le camp de gauche a été déclaré vainqueur des législatives, une issue qui a poussé le Premier ministre conservateur Ulf Kristersson à démissionner. Magdalena Andersson, déjà passée par la tête du gouvernement avant de quitter le pouvoir en 2022, savoure son retour. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, elle a affirmé que les Suédois avaient « choisi une nouvelle orientation » pour leur pays, votant « pour la cohésion et contre la division ». Son objectif tient en une phrase. Elle veut « un gouvernement qui fait avancer la Suède ».

La marche s’annonce pourtant raide. Avec 176 sièges, la coalition de gauche ne devance que de trois élus le bloc de Kristersson, qui en compte 173. L’alliance entre la droite et l’extrême droite n’a perdu qu’à 50 000 voix près, et elle reste en embuscade, prête à profiter du moindre faux pas. Surtout, le camp victorieux est loin d’être uni. Le parti de gauche et le parti centriste, deux alliés d’Andersson, ont chacun posé leurs « lignes rouges » pendant la campagne. Les premiers réclament des postes au gouvernement, les seconds refusent d’y voir des ministres de gauche. Andersson elle-même ne semble guère pressée d’intégrer le parti de gauche à son équipe, d’autant que des révélations de presse ont fait état de propos jugés antisémites tenus par certains de ses élus. Négociatrice aguerrie, parfois comparée à une « Merkel suédoise » pour son pragmatisme et sa franchise, elle devra faire cohabiter des formations qui ont parfois du mal à se parler.

En face, Ulf Kristersson n’a pas complètement rendu les armes. Le dirigeant de 62 ans a annoncé sa démission tout en laissant entendre qu’il n’excluait pas de revenir aux affaires si la gauche échouait à former un gouvernement. Il lui faudrait alors dénicher de nouveaux partenaires, un scénario peu crédible pour l’instant. Le parti du centre, qu’il courtise, refuse de participer à un gouvernement où l’extrême droite détiendrait des ministères, alors que c’est précisément ce qu’il avait promis aux Démocrates de Suède en cas de victoire. Autre enseignement du scrutin, ces derniers reculent pour la première fois depuis leur entrée au Parlement en 2010. Ils passent de 20,5 % à 17,5 % et cèdent à la droite modérée de Kristersson le rang de deuxième force politique du pays.

Les choses sérieuses commencent maintenant. Le Parlement doit se réunir à la fin du mois, et le nom du futur chef du gouvernement ne devrait pas tomber avant le lendemain au plus tôt. D’ici là, le président de l’assemblée va mener des consultations avec les chefs de parti pour tenter de dégager un accord. Un nom revient avec insistance, celui de Magdalena Andersson. À l’étranger, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a tenu à saluer cette victoire, se félicitant que les Suédois, après des années de gouvernement de droite allié à l’extrême droite, misent de nouveau sur l’État-providence, la justice sociale et la transition écologique.

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