Politique
Jérôme Guedj bouscule son camp et assume de changer de cap
Le député de l’Essonne entre dans la primaire du PS et de Place publique avec l’envie de réveiller sa famille politique. Son programme assume des virages…

Le député de l’Essonne entre dans la primaire du PS et de Place publique avec l’envie de réveiller sa famille politique. Son programme assume des virages qui vont faire grincer des dents.
Jérôme Guedj veut sortir le Parti socialiste de ce qu’il appelle son apathie. Le député de l’Essonne l’affirme sans détour, il adore les militants et respecte le parti, mais il estime qu’il y a des moments où il faut bouger. Arrivé au PS au début des années 90, il a longtemps été rangé à l’aile gauche, jusqu’à jouer les frondeurs face à un François Hollande qu’il jugeait trop tourné vers la politique de l’offre.
Aujourd’hui, le ton a changé. Il défend le compromis avec le centre, et même avec une partie de la droite, qu’il présente comme une nécessité face à la progression de l’extrême droite. C’est, dit-il, le pas de côté le plus important de son parcours politique. Lui qui fut le protégé de Jean-Luc Mélenchon, devenu depuis un adversaire qu’il a durement attaqué, a choisi de tourner la page. Son dernier livre, « La République, c’est nous », se lit comme une réponse au leader insoumis.
Sur l’immigration, il veut sortir du refuge dans l’angélisme moral qu’il prête à la gauche. Il plaide pour une immigration planifiée, calée sur les capacités d’accueil du pays et les besoins réels de l’économie, sans prononcer le mot de quotas. Il l’assortit de mesures ancrées à gauche, comme la lutte contre les discriminations à l’embauche et la revalorisation des salaires dans les branches qui emploient des immigrés. Côté économie, il veut porter le SMIC à 1.700 euros et créer une sécurité sociale unique, qui réduirait fortement la place des mutuelles et des assurances privées.
Il bouscule aussi le dossier des retraites. Il propose de revoir les taux de CSG pour les pensions les plus élevées, refuse tout tabou sur une désindexation partielle des retraites de niveau, et veut en finir avec l’âge légal de départ pour se concentrer sur la durée de cotisation. Un choix qu’il assume comme politique, un élément du compromis qu’il cherche avec le centre. Il ne cache pas que Gabriel Attal avance sur ce terrain, tout en voulant ajouter un bouclier pour mieux prendre en compte les métiers pénibles et les carrières des femmes interrompues par une naissance.
Dans son propre camp, les réactions sont tièdes. Un député socialiste le voit s’isoler malgré ses idées, un autre le juge individualiste. Lui balaie les critiques et rappelle qu’il n’a jamais été un animal de parti, qu’il n’a pas de courant au PS et qu’il aime parler avec tout le monde. Il a réuni les parrainages nécessaires pour concourir, même si plusieurs de ses proches ont choisi dès le départ Raphaël Glucksmann. Il veut justement éviter le duel annoncé entre Olivier Faure et Raphaël Glucksmann, en allant chercher des voix au-delà du parti et en misant sur les débats télévisés entre candidats. Ce mois va être l’épreuve de vérité pour les socialistes, prévient-il. Ce sera tout ou rien.
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