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Les Bourses respirent, mais tout le monde attend la Fed

Après un début de semaine très nerveux, les marchés actions européens ont repris des couleurs et Wall Street repartait de l’avant. Reste une échéance que…

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Les Bourses respirent, mais tout le monde attend la Fed

Après un début de semaine très nerveux, les marchés actions européens ont repris des couleurs et Wall Street repartait de l’avant. Reste une échéance que personne n’ose ignorer, la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.

Les places européennes ont bouclé la séance dans le vert. À Paris, le CAC 40 a pris 0,62 %, à 8 140,59 points. Londres a grappillé 0,28 % et Francfort 0,53 %. Les indices plus larges ont suivi le mouvement, avec une hausse de 0,48 % pour l’EuroStoxx 50, de 0,44 % pour le FTSEurofirst 300 et de 0,46 % pour le Stoxx 600.

Outre-Atlantique, la tendance était aussi à la reprise. Le Dow Jones évoluait quasiment à l’équilibre, le Standard & Poor’s 500 prenait 0,35 % et le Nasdaq 0,73 %, après deux séances consécutives de baisse. En Europe, ce sont les services collectifs, l’industrie et les matériaux de base qui ont tiré l’ensemble vers le haut. L’automobile, elle, est restée à la traîne.

Ce regain d’appétit pour le risque tient à deux éléments. Les prix de l’énergie ont légèrement reflué et les tensions sur le marché obligataire se sont atténuées, ce qui a suffi à ramener les investisseurs vers les actifs les plus risqués. Ces derniers jours, les craintes d’inflation liées au conflit avec l’Iran les avaient poussés à revoir leurs anticipations de taux, faisant grimper les rendements obligataires dans le monde entier. Signe de ce relâchement, les indices de volatilité ont reculé d’environ 5 %, autour de 16 points à Wall Street et de 19 points sur l’EuroStoxx 50.

Reste l’échéance que tout le monde attend. Après deux jours de débat, le comité de politique monétaire de la Fed doit annoncer sa décision sur les taux. Les marchés évaluent à près de 93 % la probabilité d’un relèvement du coût de l’emprunt aux États-Unis.

Les investisseurs seront surtout attentifs aux propos de Kevin Warsh, le président de la Fed, choisi avec l’espoir qu’il pèserait en faveur d’une baisse des taux, histoire de redonner du pouvoir d’achat aux ménages américains à l’approche des élections de mi-mandat prévues en novembre. Pour les analystes, une banque centrale qui laisse ses taux inchangés alors que l’inflation dépasse la cible depuis cinq ans prend le risque d’abîmer sa crédibilité. Kevin Warsh a d’ailleurs affirmé récemment rester déterminé à contenir les pressions sur les prix, alors que l’indice des prix à la consommation a accéléré à 3,4 % sur un an en août.

Les chiffres publiés cette semaine brossent une économie encore solide. Les prix à l’importation américains ont rebondi plus fortement que prévu en août, avec 0,7 % sur un mois. Le marché du travail, l’autre volet du mandat de la Fed, se porte bien, et les ventes au détail ont progressé plus vite qu’attendu en août. Certains experts doutent pourtant de l’efficacité d’une hausse des taux face aux moteurs actuels de l’inflation, qu’il s’agisse des droits de douane, de la flambée des prix de l’énergie ou du développement des infrastructures d’intelligence artificielle. C’est la position défendue par Yung-Shin Kung, responsable des investissements chez Mast Investments.

Du côté des valeurs européennes, Soitec s’est envolé de 13,1 %, porté par un relèvement de recommandation de JP Morgan, qui se montre optimiste sur les perspectives du fabricant de matériaux pour semi-conducteurs dans la photonique sur silicium. Vallourec a gagné 6,41 % après l’annonce d’un contrat avec le spécialiste parapétrolier Subsea7. Barclays et Standard Chartered ont pris respectivement 1,07 % et 0,92 %, après que JPMorgan Chase a dit s’attendre à une forte croissance des commissions de sa banque d’investissement et de ses revenus de trading au troisième trimestre. Un contraste net avec les propos tenus lundi par le directeur général de Bank of America, qui avaient pesé sur le secteur bancaire européen.

Sur le marché des changes, le dollar est pratiquement stable face à un panier de devises de référence, tout près d’un sommet de deux semaines. L’euro recule de 0,08 %, à 1,1535 dollar, non loin de son plus bas niveau en un mois touché lundi à 1,1523 dollar. La livre sterling s’échange à 1,3440 dollar, en baisse de 0,25 %, à la veille de la décision de la Banque d’Angleterre, alors que l’inflation britannique a atteint en août son plus haut niveau depuis cinq mois.

Côté obligataire, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans se replie de 3,5 points de base, à 4,961 %, dans le sillage du recul des cours du pétrole. Il avait franchi lundi la barre des 5 % pour la première fois depuis 2023, avant de grimper mardi à un sommet inédit depuis juillet 2007. Le Bund allemand de même échéance a terminé en repli de 2,4 points de base, à 3,5115 %. L’écart de rendement entre le Bund et l’OAT à dix ans reste autour de 95 points de base, dans un contexte d’incertitude budgétaire en France.

Le pétrole, enfin, a nettement reculé. L’Arabie saoudite proposerait d’augmenter ses livraisons de brut via Oman, ce qui apaise une partie des craintes sur l’approvisionnement au Moyen-Orient. La baisse plus faible que prévu des stocks de brut américains pèse aussi sur les cours. Le Brent reflue de 3,11 %, à 105,39 dollars le baril, et le brut léger américain de 3,34 %, à 102,29 dollars.

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