Politique
Olivier Faure sort l’artillerie sociale pour secouer la primaire
Le patron du PS dégaine un smic à 1.700 euros net, la retraite à 62 ans et une régularisation massive des sans-papiers. Il veut faire de l’intelligence…


Le patron du PS dégaine un smic à 1.700 euros net, la retraite à 62 ans et une régularisation massive des sans-papiers. Il veut faire de l’intelligence artificielle une nouvelle source de financement pour la protection sociale.
Olivier Faure avance ses pions. À quelques jours d’une échéance électorale à gauche, le premier secrétaire du Parti socialiste dévoile une série de propositions résolument ancrées à gauche, à l’occasion de la sortie de son livre « La loi du plus juste », publié chez Robert Laffont. À ses yeux, le rapport de force actuel impose la loi du plus fort, et la gauche a justement pour mission de faire triompher celle du plus juste.
Côté salaires, il veut porter le smic à 1.700 euros net. Mais il ne s’arrête pas là. Il appelle à réunir une conférence salariale où l’État subordonnerait ses aides aux entreprises à une hausse des rémunérations. Sa mesure phare résonne comme un principe de partage. Chaque fois qu’un euro de dividende est versé aux actionnaires, les salariés devraient toucher au moins l’équivalent, via la participation, l’intéressement ou le salaire. Il se dit prêt à l’imposer.
Sur les retraites, le député reste fidèle à un départ à 62 ans. Il prévient d’ailleurs qu’aucun candidat se réclamant des socialistes ne pourrait s’en écarter sans se trahir. Mais il pointe un bouleversement à venir. L’intelligence artificielle va supprimer des emplois et donc réduire le nombre de cotisants, fragilisant le financement de la protection sociale. Sa réponse tient en une idée simple, faire cotiser l’IA pour alimenter les retraites et le système de solidarité.
Le volet migratoire ne passe pas inaperçu. Celui dont la mère est vietnamienne plaide pour une régularisation d’ampleur des travailleurs sans papiers, et le chiffre de 500.000 régularisations, à l’image de ce qui s’est fait en Espagne, ne le choque pas. Il propose aussi une commission « vérité et réconciliation » sur la colonisation, convaincu qu’une nation ne s’affaiblit pas en regardant son histoire en face, mais bien lorsqu’elle doit la falsifier pour continuer de s’aimer. Sur la police, il reconnaît l’existence de contrôles au faciès et de discriminations, et s’inquiète de la multiplication des dérives racistes.
Évalué à 5% dans les sondages, Olivier Faure l’assume, il veut être la surprise de cette élection. Il refuse de rester enfermé dans le rôle du chef de parti qui brandit l’étendard les bons jours et porte le fardeau les mauvais, quand les autres se font discrets. Son ambition est claire. Montrer qu’il n’est pas seulement l’homme qui a géré les contradictions d’une formation, mais faire entendre ses combats.
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