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Philippe Brun écarté de la primaire socialiste, son ascension stoppée net

Le député de l’Eure devait porter une ligne populaire dans la course de l’espace social-démocrate. Le voilà suspendu à titre conservatoire, visé par des…

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Philippe Brun écarté de la primaire socialiste, son ascension stoppée net

Le député de l’Eure devait porter une ligne populaire dans la course de l’espace social-démocrate. Le voilà suspendu à titre conservatoire, visé par des accusations de violences qu’il dit ne pas comprendre.

La liste des candidats à la primaire socialiste a été officialisée mercredi. Un nom manquait, et pas le moins attendu. Philippe Brun, député de l’Eure et vice-président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, n’y figure pas. Dans la foulée, un responsable du parti a expliqué qu’il avait été suspendu à titre conservatoire, pour des accusations de violence. Lui parle de sa « stupeur » et affirme ignorer ce qui lui est reproché. À 34 ans, celui qui s’apprêtait à faire campagne voit sa trajectoire brutalement interrompue.

Son parcours raconte une obstination. Fidèle d’Arnaud Montebourg, il a accompagné ses campagnes présidentielles avortées de 2016 et 2021, s’est rapproché des Gilets jaunes en 2018, puis a lancé en 2024 un mouvement baptisé « ligne populaire ». C’est cette direction qu’il comptait défendre dans la primaire. Sa mesure phare, qu’il appelait « le salaire Brun », prévoyait de réduire la part de CSG sur les salaires inférieurs à 4 000 euros afin de faire grimper le net. Électeur de Jean-Luc Mélenchon en 2017 plutôt que de Benoît Hamon, il voulait un Parti socialiste au pouvoir menant une politique bien plus à gauche que celle de François Hollande et de Manuel Valls.

La suite a brouillé ce portrait. Lors de la bataille du congrès de Nancy en 2025, il s’est allié à l’aile droite du parti pour affronter Olivier Faure. Et pendant la séquence budgétaire de fin d’année, il a défendu avec ardeur le compromis avec les macronistes. De quoi agacer. « Brun, il est passé de la gauche à la droite du parti en un an parce que sa ligne politique, c’est son ambition », tacle un collègue socialiste. Un député communiste le décrit comme un « jeune homme pressé ». Un dirigeant du centre-gauche redoute qu’il ne soit une « comète » voulant aller trop vite. Et un autre participant à la primaire lâchait, quelques jours avant la suspension, qu’il « se voit en président de l’univers ».

Lui assume tout. Laisser l’extrême droite gagner passerait d’abord par le chaos parlementaire, plaide-t-il, en revendiquant une conscience plus aiguë du sujet que les apparatchiks et les militants de salon. Seul député de l’Eure à ne pas appartenir au Rassemblement national, il cultive un ancrage de terrain, notamment sur les foires à tout normandes. Un cadre du RN raconte que l’entourage de l’élu a pris contact lors de l’examen de son texte sur la nationalisation d’EDF, y voyant un « souverainisme de gauche ». François Hollande reconnaît à son voisin de banc, diplômé comme lui de l’Ena et d’HEC, des compétences techniques et une belle éloquence parlementaire. Il réfute la formule qu’on lui prête, celle d’un Montebourg dans le corps d’un Hollande. Ingrid Levavasseur, figure des Gilets jaunes avec qui il a fait campagne à Louviers, préfère y voir la naissance d’un « François Hollande bis ». Dans cette ville, il a aussi manqué de peu de devenir maire.

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