Sports
Champion du monde avec son frère et numéro un mondial, Sébastien Patrice raconte une saison hors du commun
Le sabreur français a vécu une année 2026 qu’il n’oubliera pas, avec un titre mondial par équipes partagé avec son frère Jean-Philippe et une première…


Le sabreur français a vécu une année 2026 qu’il n’oubliera pas, avec un titre mondial par équipes partagé avec son frère Jean-Philippe et une première place au classement planétaire. Malgré son élimination en individuel dès les huitièmes de finale, il refuse de parler de déception.
Pour Sébastien Patrice, 2026 restera une année à part. Le sabreur français a bouclé la saison au sommet du classement mondial, en individuel comme avec l’équipe de France, et il y a ajouté un titre de champion du monde par équipes. Dans ce collectif sacré, un détail rend la chose encore plus belle. Son frère Jean-Philippe tirait à ses côtés. Des instants comme celui-là, on ne les oublie pas, et le principal intéressé le raconte avec une simplicité désarmante. Beaucoup d’escrimeurs formidables courent après de tels résultats pendant toute une carrière sans jamais les décrocher.
Ce titre mondial par équipes, il le savoure comme une revanche. L’an dernier, les Français avaient remporté trois des cinq manches de Coupe du monde, mais ils étaient passés à côté des championnats du monde alors qu’ils partaient favoris. Cette fois, la même moisson de victoires en Coupe du monde s’est conclue par l’or. Le parcours de l’équipe de France s’inscrit aussi dans une forme de renouveau. À Paris 2024, elle avait pris le bronze, une médaille qui récompensait les efforts de tout un cycle olympique. Depuis, Boladé Apithy a rangé le sabre et de nouveaux visages sont arrivés. Le travail de Rémi Garrigue a compté dans cette transition.
Sur la piste individuelle, l’histoire est tout autre. Le Français est tombé dès les huitièmes de finale, face au Russe Graudyn, qui a terminé la semaine avec le titre. Pas d’amertume pour autant. Il assure avoir débarqué prêt physiquement, mentalement et dans son escrime, et avoir écarté deux adversaires dangereux avec la manière lors des tours précédents. Son bourreau du jour, lui, était dans une forme sidérante. Personne d’autre n’est parvenu à lui prendre plus de dix touches sur l’ensemble de la compétition.
Reste que cette élimination ne l’a pas empêché de finir numéro un mondial, et c’est bien là ce qui compte le plus à ses yeux. Il assume ce choix, en toute objectivité. Le classement planétaire prend en compte les cinq meilleurs résultats des huit épreuves internationales de l’année, auxquels s’ajoutent les championnats d’Europe et du monde. Un mode de calcul qui valorise la régularité. Le Russe sacré champion du monde n’est que cinquième au classement, et en dehors de ce titre il n’a décroché qu’une seule autre médaille sur toute la saison. Sébastien Patrice, lui, est monté sur le podium de presque toutes les compétitions. Pour lui, le niveau moyen d’un escrimeur pèse plus lourd qu’un exploit isolé sur une journée.
Le retour des Russes dans les compétitions ne lui pose aucun cas de conscience. Il défend une idée simple, celle d’un sport détaché de la politique, et voit avant tout des athlètes en face de lui. Tirer contre les meilleurs, les plus doués, voilà ce qui le fait avancer et lui permet de mesurer sa propre valeur.
La suite s’écrit déjà. La Coupe du monde reprend le mois prochain en Algérie et la préparation a redémarré. Pas de quoi se plaindre, dit-il, même si les vacances ne sont jamais assez longues. Particularité de sa reprise, il effectue son premier mois d’entraînement à New York, histoire de changer d’air avant de se plonger dans la course à la qualification olympique, qui s’ouvrira en avril. Question de statut, il balaie l’idée d’un titre à défendre. Le trône de numéro un mondial conquis la saison passée ne peut plus lui être enlevé, et la nouvelle année repart à zéro pour tout le monde. Sa méthode ne bougera pas, considérer que rien n’est acquis et redoubler d’efforts à chaque rendez-vous. Los Angeles 2028, il y pense, forcément, mais sans stress pour l’instant, préférant se concentrer sur les prochaines échéances, à commencer par les championnats du monde. Et sous sa combinaison, le maillot de l’OM n’a jamais quitté sa place, même après des périodes plus délicates pour son club de cœur. Les vrais supporters se reconnaissent dans ces moments-là.
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