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Menacé de 24 ans de prison, l’antifasciste Gino attend le dernier mot de la justice française

Rexhino Abazaj, surnommé « Gino », conteste sa remise aux autorités allemandes devant la Cour de cassation, qui se penchera sur son sort le 30 septembre.…

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Menacé de 24 ans de prison, l'antifasciste Gino attend le dernier mot de la justice française

Rexhino Abazaj, surnommé « Gino », conteste sa remise aux autorités allemandes devant la Cour de cassation, qui se penchera sur son sort le 30 septembre. Ce militant albanais a déjà échappé à une extradition vers la Hongrie, où il risque jusqu’à 24 ans de détention.

Rexhino Abazaj, que tout le monde appelle « Gino », est un militant antifasciste albanais d’une trentaine d’années. Il lui est reproché d’avoir pris part à des violences contre des néonazis qui défilaient à Budapest en février 2023, attaqués à coups de matraques et de marteaux. Plusieurs des victimes présumées possèdent la nationalité allemande, ce qui explique l’intérêt de Berlin pour ce dossier. La Hongrie, sur le sol de laquelle les faits se sont produits, brandit la menace d’une peine pouvant grimper jusqu’à 24 années d’emprisonnement. L’Allemagne, de son côté, prévoit un maximum de dix ans.

Son parcours judiciaire ressemble à une partie de ping-pong entre capitales européennes. En avril 2025, la France avait déjà opposé un refus à Budapest, évoquant des risques de traitement inhumain en détention et l’impossibilité de garantir un procès équitable dans ce pays de l’Union européenne. Puis l’Allemagne a réclamé le militant pour les mêmes faits, ouvrant une seconde procédure. Le 19 août, la cour d’appel de Paris, compétente en matière de mandat d’arrêt européen, a cette fois validé la remise. Gino s’est aussitôt pourvu en cassation.

Face aux juges, la défense a tenté de dresser un obstacle. Son avocat a pointé une incertitude préoccupante. Nul ne sait, selon lui, si la Hongrie a déjà condamné son client en son absence. Et si la France le remettait à l’Allemagne, Budapest pourrait très bien réclamer ensuite l’exécution de cette peine. Un scénario qui transformerait la décision allemande en première étape d’un aller simple vers les prisons hongroises.

Le contexte politique hongrois ne facilite pas la lecture du dossier. La vie politique du pays se recompose depuis la victoire aux législatives d’avril du parti conservateur pro-européen Tisza, qui a mis fin à seize ans de règne du nationaliste Viktor Orban. Un basculement que la défense observe avec prudence, tant les droits civiques ont été démantelés pendant si longtemps qu’un revirement rapide paraît peu crédible.

Au-delà du cas individuel, l’affaire touche à des principes larges. Ses soutiens y voient un test pour la protection du droit d’asile, l’indépendance de la justice et la coopération entre États quand les garanties d’un procès équitable ne sont pas réunies. Ils rappellent aussi que l’extrême droite gagne du terrain en Europe et que la répression des militants antifascistes se durcit.

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