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Un patron du nucléaire iranien privé de Vienne sous pression américaine

Mohammad Eslami, qui dirige l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, n’a pas pu entrer en Autriche pour la conférence annuelle de l’AIEA.…

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Un patron du nucléaire iranien privé de Vienne sous pression américaine

Mohammad Eslami, qui dirige l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, n’a pas pu entrer en Autriche pour la conférence annuelle de l’AIEA. Washington revendique ce blocage, Téhéran parle d’un précédent qui menace tout le monde.

Le rendez-vous était pourtant prévu de longue date. Mohammad Eslami, à la tête de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, devait participer à la Conférence générale de l’AIEA à Vienne. Sa délégation et lui ont bien embarqué sur un vol régulier vers l’Autriche, mais le trajet s’est arrêté en chemin. Bloqués, ils ont fait demi-tour et sont rentrés à Téhéran le jour même.

À Washington, le refus est assumé. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a expliqué ne pas vouloir laisser des personnes sanctionnées contourner leurs sanctions, précisant qu’une dérogation avait été sollicitée puis rejetée. Côté autrichien, on invoque une interdiction de voyager émise par les Nations unies. Vienne a saisi le comité compétent du Conseil de sécurité pour obtenir une exemption. La demande est tombée faute de consensus. Conséquence directe, l’entrée sur le territoire autrichien ne pouvait pas être autorisée, au nom des engagements internationaux du pays.

La riposte iranienne n’a pas traîné. Téhéran a convoqué le chargé d’affaires autrichien pour protester. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, juge la décision « totalement injustifiée » et estime qu’elle a été prise sous pression américaine, sans pour autant décharger le gouvernement autrichien de sa responsabilité. Du côté de l’OIEA, Behrouz Kamalvandi, chargé des affaires juridiques internationales, dénonce un « acte malveillant » de l’administration américaine et un précédent qui, selon lui, affectera tout le monde.

Cette exclusion est une première pour Mohammad Eslami, pourtant déjà visé par des sanctions. En septembre 2025, il avait fait le déplacement jusqu’au siège viennois de l’agence onusienne et s’était exprimé au nom de l’Iran, pays membre de l’AIEA. Le contexte pèse lourd. Depuis le 28 février, les États-Unis et Israël mènent une guerre contre l’Iran, affirmant que son programme nucléaire représente un danger. Depuis des décennies, Washington, Israël et les Européens soupçonnent la République islamique de vouloir se doter de l’arme atomique. Téhéran le nie avec la plus grande fermeté.

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