Faits Divers
Cinq ans avec sursis requis contre Olivier Bouygues pour un charnier d’oiseaux protégés en Sologne
Le parquet d’Orléans réclame cinq ans de prison avec sursis et 750.000 euros d’amende contre le milliardaire, jugé pour la destruction d’espèces protégées…

Le parquet d’Orléans réclame cinq ans de prison avec sursis et 750.000 euros d’amende contre le milliardaire, jugé pour la destruction d’espèces protégées sur son domaine de chasse. Son régisseur et plusieurs gardes-chasse figurent aussi parmi les prévenus.
Le ministère public n’a pas pesé ses mots. Mardi, devant le tribunal correctionnel d’Orléans, la procureure Emmanuelle Bochenek-Puren a requis cinq ans d’emprisonnement avec sursis à l’encontre d’Olivier Bouygues, 75 ans, poursuivi pour destruction en bande organisée d’oiseaux protégés. La magistrate a décrit des méthodes interdites et barbares. À la clé, elle demande aussi une amende de 750.000 euros, soit le plafond légal, et une interdiction de toute activité liée à la chasse pendant cinq ans.
L’affaire a démarré sur une dénonciation anonyme. Sur le domaine de Fontenaille, 650 hectares de terrain à La Ferté-Saint-Aubin dans le Loiret, les enquêteurs ont retrouvé des cadavres d’animaux en décomposition avancée. Les photos projetées à l’audience montrent plusieurs bêtes baignant dans leur sang, parmi lesquelles des faucons crécerelles, des grandes aigrettes, des busards, des buses variables et des grands cormorans. Des chats ont également été tués. Les investigations ont mis au jour des armes, une pelleteuse, une centaine de pièges à mâchoires interdits depuis 1995, et surtout des documents listant les espèces à éliminer et retraçant des destructions menées depuis des années. Chaque animal abattu ouvrait droit à une prime d’environ cent euros.
Olivier Bouygues, lui, conteste toute responsabilité. Il dit avoir découvert avec surprise l’ouverture d’une enquête l’année dernière et assure avoir d’autres chats à fouetter que de gérer au quotidien les affaires de sa propriété. Il jure n’avoir jamais vu ce charnier, tout en admettant en connaître l’existence et en préférant le terme de fosse écologique.
Cinq autres hommes comparaissent à ses côtés, dont son régisseur et des gardes-chasse du domaine. Le parquet a demandé contre eux des peines d’un an à quatre ans avec sursis, accompagnées d’amendes et de retraits temporaires du permis de chasse. D’après les déclarations du régisseur, le propriétaire ne voulait pas que l’affaire soit rendue publique. Un prévenu a expliqué que la traque des animaux jugés nuisibles à la multiplication du gibier relevait d’une pratique profondément ancrée en Sologne, deuxième massif forestier de France et terrain de chasse très prisé des grandes fortunes.
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