Europe
Les indépendantistes écossais, gallois et nord-irlandais s’unissent pour bousculer Londres
À Cardiff, les chefs de file écossais, gallois et nord-irlandais ont affiché un front commun pour réclamer des référendums d’autodétermination. Une…


À Cardiff, les chefs de file écossais, gallois et nord-irlandais ont affiché un front commun pour réclamer des référendums d’autodétermination. Une initiative inédite qui met Downing Street sous pression, alors que Donald Trump a jugé « fantastique » une future réunification de l’Irlande.
À Cardiff, Rhun ap Iorwerth, chef de file de Plaid Cymru, a accueilli John Swinney, Premier ministre écossais et dirigeant du SNP, ainsi que Michelle O’Neill, Première ministre nord-irlandaise et vice-présidente du Sinn Féin. Mary Lou McDonald, présidente du Sinn Féin et cheffe de l’opposition en République d’Irlande, était aussi présente. Cette rencontre rassemble trois responsables de nations où les formations favorables à l’indépendance sont aux commandes, une configuration inédite depuis la création des institutions autonomes. Leur objectif consiste à signer un accord pour faire pression sur Downing Street et obtenir l’organisation de référendums sur l’indépendance.
Les gouvernements britanniques successifs ont toujours refusé ces consultations depuis le référendum écossais, où 55 % des votants avaient rejeté l’indépendance. Downing Street a encore fermé la porte à tout assouplissement. Donald Trump a créé la surprise en estimant qu’une unification de la République d’Irlande et de l’Irlande du Nord serait « fantastique ». « Cela finira par arriver », a jugé le président américain lors d’un déplacement en Irlande. Londres s’en tient aux accords de paix du Vendredi Saint pour encadrer la question. Un référendum peut être organisé si une majorité d’habitants de la province britannique est susceptible d’approuver une unification. Downing Street n’a pas directement réagi aux propos de Donald Trump, renvoyant à une position officielle selon laquelle le sujet n’était « pas d’actualité ». Le dirigeant travailliste met en avant une plus grande décentralisation parmi ses priorités.
Les trois dirigeants veulent « renforcer leur coopération » et poser les jalons d’un « changement de cadre constitutionnel ». Ils demanderont au gouvernement britannique de préparer, planifier et faciliter les changements constitutionnels au pays de Galles, en Écosse et en Irlande du Nord, en ouvrant la voie à des référendums d’autodétermination. John Swinney parle d’un « moment charnière de l’évolution constitutionnelle ». Pour lui, leurs partis partagent la conviction que le pouvoir central britannique ne défendra jamais leurs intérêts et que les citoyens de leurs nations doivent avoir leur mot à dire de manière significative sur leur avenir. Rhun ap Iorwerth évoque l’émergence d’un « nouveau paysage politique » et se réjouit de franchir une nouvelle étape vers un nouveau partenariat entre leurs nations. Michelle O’Neill, du Sinn Féin, appelle à être prêts à un changement constitutionnel lorsqu’il surviendra. Son parti, ancien bras politique du groupe paramilitaire IRA, milite pour la réunification de l’île d’Irlande.
La vice-Première ministre nord-irlandaise Emma Little-Pengelly, du parti unioniste DUP favorable au maintien dans le Royaume-Uni, a vivement critiqué la rencontre. Elle assure que Michelle O’Neill n’a aucune autorité pour se présenter comme représentant la fonction de Première ministre lors d’un quelconque « sommet » et qu’elle n’a pas non plus le pouvoir de signer quoi que ce soit en qualité de Première ministre d’Irlande du Nord lors d’un tel « sommet ». Les trois dirigeants présentent pourtant la réunion comme une rencontre de responsables de partis, plutôt que de membres de leurs gouvernements.
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