Europe
L’Europe veut peser dans un Arctique sous haute tension
Les dirigeants de l’Union européenne se retrouvent dans le nord de la Finlande pour renforcer leur présence dans l’Arctique. Entre les menaces américaines…

Les dirigeants de l’Union européenne se retrouvent dans le nord de la Finlande pour renforcer leur présence dans l’Arctique. Entre les menaces américaines sur le Groenland, la pression russe et le recul de la banquise, la région devient un terrain stratégique majeur.
À Rovaniemi, ville finlandaise connue comme la cité du Père Noël, l’Union européenne réunit ses dirigeants pour parler d’un sujet bien moins léger. Le chancelier allemand Friedrich Merz, la Première ministre danoise Mette Frederiksen, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas et le président du Conseil européen Antonio Costa sont attendus à ce sommet sur l’Arctique. Le but n’est pas d’annoncer des décisions définitives, mais de dessiner une position partagée dans une zone qui compte de plus en plus sur les plans politique et économique. Une déclaration commune doit être adoptée, avec à la clé des discussions sur la sécurité et les intérêts économiques.
Ce rendez-vous se tient sur fond de bras de fer autour du Groenland. Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de mettre la main sur cette immense île arctique, territoire autonome rattaché au Danemark, ce qui a provoqué une brouille sérieuse entre alliés occidentaux. Le calme est en partie revenu, mais la méfiance demeure. Les Européens veulent donc s’implanter plus solidement dans le Grand Nord, alors que la Russie affiche une posture hostile de l’autre côté de la longue frontière finlandaise. L’Otan a déjà déployé une mission pour sécuriser davantage la région. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a fait le déplacement au Groenland avec 200 millions d’euros et promis que l’UE serait plus présente et impliquée.
Bruxelles s’apprête à dévoiler une nouvelle stratégie pour l’Arctique. Les pays membres et leurs responsables peuvent encore influencer le texte final. Depuis la dernière politique européenne dédiée à la région, l’intérêt pour ce territoire a bondi. La venue de dirigeants de pays sans lien direct avec l’Arctique, comme le président roumain Nicușor Dan ou le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, en dit long sur ce changement. Le décor sécuritaire n’a plus rien à voir avec celui d’avant et l’Arctique est devenu un dossier bien plus central.
L’Arctique est aussi un front climatique. La région se réchauffe presque quatre fois plus vite que la planète, ce qui bouleverse les écosystèmes et la vie des populations locales. La banquise qui recule ouvre toutefois des opportunités économiques et stratégiques. La Russie, la Chine et les Etats-Unis ont renforcé leur présence pour accéder aux ressources et ouvrir de nouvelles routes maritimes. La Chine et la Corée du Sud ont même envoyé des porte-conteneurs sur la route maritime du Nord, qui passe par les eaux territoriales russes, pour vérifier si ce trajet est viable. Cette voie reste praticable de plus en plus longtemps à mesure que la glace fond.
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