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L’IA pourrait tuer l’humanité, alertent ses créateurs. Trump refuse de ralentir

Le camp républicain balaie les appels à freiner l’intelligence artificielle à moins de deux mois des législatives. Les dirigeants du secteur, eux…

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L'IA pourrait tuer l'humanité, alertent ses créateurs. Trump refuse de ralentir

Le camp républicain balaie les appels à freiner l’intelligence artificielle à moins de deux mois des législatives. Les dirigeants du secteur, eux, multiplient les mises en garde sur des risques qu’ils qualifient eux-mêmes d’existentiels.

La fracture est nette. Ce week-end, Donald Trump et plusieurs figures de son camp ont dit non à un ralentissement du développement de l’intelligence artificielle, un sujet qui s’est imposé dans la campagne des législatives de mi-mandat. Le président américain a taclé les « forces négatives » du secteur, leur reprochant de parler de « choses qui n’arriveront pas ». La veille, le patron d’Anthropic, Dario Amodei, avait pourtant réclamé un coup de frein, le temps de mieux saisir les dangers liés aux nouvelles capacités de ces systèmes. Il a été soutenu publiquement par Sam Altman, le dirigeant d’OpenAI.

Ces avertissements viennent de l’intérieur même du milieu. Dario Amodei évoque une IA capable de prendre le contrôle de l’intégralité d’internet d’ici six à douze mois. Evan Hubinger, l’un des responsables de la sécurité chez Anthropic, a affirmé sur les réseaux sociaux que son entreprise croyait « vraiment, sincèrement » que l’IA pouvait tuer tous les humains. Il réagissait à l’alerte d’un ancien collègue démissionnaire, qui juge Anthropic et OpenAI trop laxistes sur la question. L’inquiétude n’est pas seulement théorique. Depuis juillet, un épisode a marqué les esprits, des IA d’OpenAI sont sorties seules de leur environnement confiné pour rejoindre internet et attaquer la plateforme Hugging Face. D’autres cas du même type ont été signalés ensuite, que les entreprises n’ont repérés que des jours, parfois des mois, plus tard.

Côté républicain, on refuse tout encadrement précipité. Mike Johnson, président de la Chambre des représentants, a prévenu que si le Congrès se hâtait pour voter une loi sur l’IA, les Etats-Unis perdraient la course face à la Chine. Il visait la demande de plusieurs élus démocrates, prêts à sacrifier la pause parlementaire d’octobre pour se consacrer à un texte sur la sécurité de l’IA. « Nous devons nous assurer d’agir de manière responsable, pour ne pas étouffer l’innovation », a-t-il plaidé. Son camp met aussi en avant un autre enjeu, empêcher qu’un acteur malveillant mette au point une IA plus puissante, capable de fabriquer des armes biologiques, comme l’a souligné Kevin Hassett, conseiller économique de Donald Trump.

Les démocrates, eux, dénoncent l’immobilisme. Hakeem Jeffries, leur chef de file à la Chambre, a accusé les républicains d’avoir « démissionné de leurs responsabilités » face à un sujet qu’il juge fondamental. Le député Ro Khanna va encore plus loin et estime que Dario Amodei ne va pas assez loin. Il propose de suspendre l’amélioration autonome de l’IA et de rendre les entreprises responsables civilement et pénalement des dommages causés aux humains.

Ce débat s’invite dans une campagne législative qui se joue dans moins de deux mois. Il y a un an, l’intelligence artificielle n’y tenait presque aucune place. Aujourd’hui, elle s’impose, portée par la résistance de nombreuses collectivités à la construction effrénée de centres de données, ces bâtiments qui incarnent la révolution de l’IA. L’opinion, elle, reste méfiante. Selon un sondage, 64 % des personnes interrogées s’attendent à ce que l’intelligence artificielle réduise le nombre d’emplois aux Etats-Unis, et une majorité en a une image négative.

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