Société
Grève et fronde à Radio France contre l’arrivée d’un éditorialiste de Valeurs actuelles
Deux jours de grève et un rassemblement devant la Maison de la radio. Les salariés du groupe public contestent la nomination de Charles Sapin, venu de…


Deux jours de grève et un rassemblement devant la Maison de la radio. Les salariés du groupe public contestent la nomination de Charles Sapin, venu de Valeurs actuelles, comme chroniqueur sur France Inter.
Le mouvement démarre dimanche. L’intersyndicale, qui réunit la CFDT, la CGT, FO, le SNJ, SUD et l’Unsa, appelle les personnels à cesser le travail pendant quarante-huit heures et donne rendez-vous aux auditeurs devant la Maison de la radio, à Paris, dans l’après-midi. Les perturbations devraient peser plus lourd lundi que dimanche, cette première journée comptant moins d’émissions en direct, selon une source interne au groupe.
Au cœur du bras de fer, un nom. Charles Sapin, passé par l’hebdomadaire Le Point, est devenu cet été directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles. Depuis la fin du mois d’août, il signe sur France Inter, première radio du pays, une courte chronique politique diffusée le dimanche matin. La direction justifie ce recrutement par la nécessité d’ouvrir l’antenne au pluralisme à l’approche de la présidentielle. Une explication qui n’a pas convaincu. Dès le 2 septembre, les salariés ont voté une motion pour marquer leur refus catégorique, estimant que Valeurs actuelles n’est pas compatible avec le service public.
Le magazine se présente comme conservateur et a été condamné à plusieurs reprises par la justice. En 2020, il avait notamment représenté Danièle Obono, députée LFI noire, en esclave. Les syndicats pointent aussi la présence, parmi ses actionnaires, du milliardaire Pierre-Edouard Stérin, proche de l’extrême droite. Une tribune a rassemblé trois cents personnalités, dont les comédiennes Julie Gayet, Ariane Ascaride et Corinne Masiero, la chanteuse Lio ou la Prix Nobel de littérature Annie Ernaux. Toutes jugent ce recrutement révoltant.
Face à la polémique, la direction de France Inter défend son choix. Sa directrice, Céline Pigalle, a redit que le pluralisme était fondamental pour une radio publique, rappelant l’arrivée d’éditorialistes issus d’horizons variés, du Nouvel Obs à Alternatives économiques en passant par le Financial Times. Elle assure faire confiance à Charles Sapin pour ne pas mettre l’antenne en danger. L’intéressé affirme de son côté avoir rejoint Valeurs actuelles pour en changer la ligne.
L’affaire a vite pris une tournure politique, à quelques mois de l’élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon, de La France insoumise, y a vu une colonisation. À l’inverse, Bruno Retailleau, chez Les Républicains, a dénoncé le sectarisme des rédactions de Radio France. Le débat dépasse d’ailleurs France Inter, puisque l’arrivée de Charles Sapin sur franceinfo a elle aussi été contestée au sein de France Télévisions. En toile de fond, la question du pluralisme dans l’audiovisuel public reste brûlante depuis la rentrée 2025. Des accusations de partialité en faveur de la gauche avaient déjà poussé l’UDR, alliée au RN, à créer une commission d’enquête parlementaire. Son rapporteur, le député Charles Alloncle, doit publier fin septembre un livre tiré de ces travaux, chez Fayard, maison liée au milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
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JY2M
13 septembre 2026 at 8 h 00 min
C’est très bien manœuvré de la part de la Directrice de France inter qui aurait bien sûr pu recruter n’importe qui pour faire une chronique hebdomadaire mais pas un directeur adjoint de la rédaction d’un magazine d’extrême droite car en agissant ainsi elle tente de faire oublier que depuis des années ce que l’on peut appeler « un pluralisme normal » c’est-à-dire n’incluant pas les idées extrêmes n’est plus respecté par cette radio qui, pour schématiser, est squattée par une gauche plutôt radicale. Ceci pour dire que France Inter, comme Europe 1 ou Cnews par exemple, ne respecte pas le pluralisme et qu’il est étonnant que les 300 personnalités qui protestent naïvement mais à juste titre (car cela favorise la banalisation de l’extrême droite) contre le fait qu’une chronique de France Inter ait été confiée à un individu d’extrême droite n’aient rien dit jusqu’à présent concernant le manque de pluralisme de cette radio.