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Un drone russe frappe un train de Kiev à Varsovie à deux kilomètres de la Pologne

Un engin a endommagé la locomotive d’un convoi de voyageurs tout près de la frontière polonaise, sans faire de blessé. La compagnie ferroviaire…

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Un drone russe frappe un train de Kiev à Varsovie à deux kilomètres de la Pologne

Un engin a endommagé la locomotive d’un convoi de voyageurs tout près de la frontière polonaise, sans faire de blessé. La compagnie ferroviaire ukrainienne estime que la cible réellement visée était un autre train, avec à son bord des anciens dirigeants européens dont Boris Johnson.

L’attaque s’est produite à deux kilomètres seulement de la frontière avec la Pologne, pays membre de l’Otan. Un drone russe a touché la locomotive d’un train de voyageurs qui reliait Kiev à Varsovie, sans faire de victime, ont confirmé les autorités des deux pays. Un second engin a visé une station-service située près d’un poste-frontière, toujours du côté ukrainien.

Le détail le plus troublant vient de la compagnie ferroviaire ukrainienne. D’après Ukrzaliznytsia, le train touché se trouvait à la gare frontalière de Iagodyne et avait pu être évacué quinze minutes plus tôt. Mais l’opérateur juge « très probable » que les Russes visaient en réalité un autre convoi, parti de la même gare juste avant et transportant des conseillers à la sécurité ainsi que d’anciens dirigeants européens, parmi lesquels l’ex-Premier ministre britannique Boris Johnson. Ce train avait quitté la gare plus tôt que prévu, les horaires étant réajustés en permanence face à la menace des frappes. L’ancien directeur de la CIA David Petraeus se trouvait lui aussi à Iagodyne, dans un autre train, au moment de l’impact.

Le ministère russe de la Défense affirme de son côté avoir visé des infrastructures ferroviaires servant au transport de cargaisons militaires venues d’Europe. MM. Johnson et Petraeus participaient tous les deux au forum annuel Yalta European Strategy, organisé à Kiev, aux côtés de nombreux autres représentants étrangers. Sur X, l’ancien dirigeant conservateur, qui était au pouvoir au moment du lancement de l’invasion en février 2022, a dénoncé une attaque « aléatoire et insensée », du genre de celles que subissent les Ukrainiens chaque jour, avant de demander quand les alliés finiront enfin par livrer les défenses aériennes promises.

Le train touché transportait 206 passagers, selon la compagnie ferroviaire polonaise PKP Intercity. Les frappes de la journée ont également abîmé des infrastructures ferroviaires dans la région de Vinnytsia, dans le centre-ouest du pays, et tué au moins deux personnes à Kramatorsk, dans l’est. À Varsovie, le Premier ministre Donald Tusk a réuni son gouvernement en urgence et prévenu que les attaques russes pourraient encore monter en puissance, au point de déborder sur le territoire polonais.

À Kiev, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga a réclamé des sanctions lourdes, davantage d’armement et une pression maximale sur Moscou. Il résume la situation d’une formule, la terreur de Poutine frappe littéralement à la porte de l’Union européenne et de l’Otan. Son homologue polonais Radoslaw Sikorski, en visite dans la capitale ukrainienne, pousse la métaphore plus loin. Cette terreur ne se contente pas de frapper à la porte, elle est installée à l’intérieur de la maison, a-t-il lancé, citant notamment le drone explosif retrouvé à l’aéroport de Leipzig, en Allemagne, un incident que Berlin a imputé à la Russie début septembre.

Toute cette séquence intervient une semaine après le passage d’émissaires américains à Moscou et à Kiev, chargés de relancer les négociations pilotées par Washington. Volodymyr Zelensky mise sur une reprise des pourparlers tripartites dès septembre, après les élections parlementaires russes, le Kremlin n’écartant pas, lui, le mois d’octobre. En parallèle, l’Ukraine a renforcé ses propres frappes de longue portée sur le sol russe, en visant notamment des raffineries, ce qu’elle présente comme une riposte aux bombardements qu’elle subit. Donald Trump a jugé dimanche que le président ukrainien devrait arrêter de s’en prendre à ces installations. Qu’il vise des cibles, mais pas le diesel, a-t-il déclaré, parce que cela provoque une pénurie.

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