Nous rejoindre sur les réseaux

Europe

Suède, une élection sans vainqueur et un pays retenu en haleine

Les législatives suédoises n’ont désigné aucun gagnant clair. La cheffe des sociaux-démocrates Magdalena Andersson se déclare prête à gouverner, mais son…

Article

le

Suède, une élection sans vainqueur et un pays retenu en haleine

Les législatives suédoises n’ont désigné aucun gagnant clair. La cheffe des sociaux-démocrates Magdalena Andersson se déclare prête à gouverner, mais son avance tient à trois sièges seulement.

Personne n’a vraiment gagné, et pourtant chacun y croit encore. À la publication des premiers sondages de sortie des urnes, les sociaux-démocrates ont laissé exploser leur joie. Magdalena Andersson, 59 ans, y était donnée largement en tête, tandis que l’extrême droite alliée au gouvernement marquait le pas. Dans les rangs du parti, on s’enlaçait en souriant, une bière ou une coupe de mousseux à la main. L’écart, lui, n’a pas tenu longtemps.

Car l’avance a fondu. Une fois près de 95 % des bureaux dépouillés, le bloc de gauche ne compte plus que 176 mandats, contre 173 pour l’alliance de la droite et de l’extrême droite, aux commandes depuis 2022. Trois sièges d’écart, presque rien. « Pour l’instant, nous sommes en tête. Et si cela se confirme, alors la Suède aura un nouveau gouvernement », a lancé Magdalena Andersson devant ses partisans réunis à Stockholm au cœur de la nuit. En face, Ulf Kristersson, 62 ans, refuse de céder. Pour lui, la question de savoir qui dirigera le pays dans les années à venir reste totalement ouverte. Son camp garde un motif d’espoir, le recul du parti d’extrême droite, retombé d’environ 20 % à 17,5 % des voix, sans que cela efface son poids électoral.

Deux issues se dessinent, et aucune n’est simple. D’un côté, une alliance des partis de gauche, du centre jusqu’à l’extrême gauche. Sauf que ce bloc est morcelé et que ses composantes s’entendent mal. De l’autre, le maintien d’Ulf Kristersson, avec cette fois des ministres d’extrême droite au gouvernement. Les négociations promettent d’être longues, prévient un politologue, pour qui un accord ne tombera pas de sitôt.

Les soutiens de Magdalena Andersson veulent y croire malgré tout. Ils décrivent une femme de terrain, rompue à l’exercice de la négociation, avec un plan clair pour faire tenir l’ensemble. Dans le camp adverse, on parie sur exactement l’inverse, persuadé que la gauche, même victorieuse, aura le plus grand mal à bâtir un gouvernement. Un membre des Jeunes du Parti modéré résume ce pari, convaincu que la victoire ne réglera rien pour ses adversaires.

Le Premier ministre sortant, lui, multiplie les gestes en direction du parti centriste, aujourd’hui installé dans l’opposition. Il avait promis, en cas de victoire, de faire entrer les Démocrates de Suède au gouvernement, un point qui a mobilisé jusqu’aux plus grandes figures du pays. Un membre du légendaire groupe ABBA a ainsi revisité leur tube « Mamma Mia » pour soutenir la candidate de gauche. Ulf Kristersson réclamait, lui, quatre années de plus pour « rendre à la Suède sa grandeur », un clin d’œil assumé à une célèbre formule venue des États-Unis. Le décompte final, encore en cours, dira qui de ces deux ambitions l’emporte.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus