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Les Houthis frappent encore l’Arabie saoudite et resserrent leur étau sur deux détroits vitaux

Une nouvelle salve de missiles et de drones a visé une base du sud du royaume, au lendemain d’une riposte saoudienne. Téhéran jure ne pas être derrière…

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Les Houthis frappent encore l'Arabie saoudite et resserrent leur étau sur deux détroits vitaux

Une nouvelle salve de missiles et de drones a visé une base du sud du royaume, au lendemain d’une riposte saoudienne. Téhéran jure ne pas être derrière tout ça, alors que le Yémen s’impose comme un nouveau front du conflit régional.

Les Houthis ont revendiqué une attaque de grande envergure contre la base aérienne du roi Khalid, à Khamis Mushait, dans le sud de l’Arabie saoudite. Des dizaines de missiles balistiques et de drones ont été tirés sur l’installation militaire. Un habitant des environs raconte avoir vu de nombreux projectiles s’abattre sur la base et entendu de puissantes explosions. Jamais il n’en avait vu autant, dit-il, évoquant un incendie qui a brûlé très longtemps.

Cette frappe s’inscrit dans une séquence favorable au mouvement yéménite, qui a infligé ces derniers jours des revers sérieux aux forces gouvernementales et à leur allié saoudien. Au terme d’une offensive rapide, les Houthis ont renforcé leur mainmise sur le détroit de Bab el-Mandeb, ce passage qui relie l’Europe à l’Asie. Ils ont aussi visé les installations pétrolières du royaume, poussant les cours du brut au-dessus des 100 dollars le baril. Le premier exportateur mondial de pétrole a riposté par des frappes aériennes la veille. Le prince héritier Mohammed ben Salmane, véritable homme fort du pays, a reçu à Djeddah le chef du Commandement central américain, l’amiral Brad Cooper, pour évoquer les derniers développements régionaux.

Ryad a par ailleurs demandé le report d’une rencontre prévue avec l’Iran à Oman, qui devait réunir les pays du Golfe. La question yéménite sert de justification à ce décalage. Un faux prétexte, rétorque le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, qui assure que son pays ne se mêle pas des affaires du Yémen. Les Houthis, insiste-t-il, sont des acteurs totalement indépendants, qui prennent leurs décisions selon leurs propres intérêts.

Cette réunion portait sur l’avenir du détroit d’Ormuz, autre point de passage essentiel pour le commerce mondial des hydrocarbures, que l’Iran verrouille depuis des mois. Malgré les fortes pressions américaines, Téhéran conserve un contrôle relatif sur cette voie maritime, souligne l’analyste politique Maziar Khosravi. Et les événements au Yémen ont installé un nouvel équilibre des forces dans la région, estime-t-il. L’Iran se présentait donc à Oman en position de force, face à une Arabie saoudite affaiblie.

Le royaume, lui, encaisse de plein fouet. Ses pétroliers sont désormais menacés dans les deux détroits qui bordent son territoire. Et son oléoduc Est-Ouest, axe d’exportation crucial pour contourner un Ormuz bloqué, est à l’arrêt après des attaques de drones venues d’Irak. Pour Ali Vaez, du centre de réflexion International Crisis Group, les pays du Golfe jugeaient déjà la crise intenable avant ces avancées houthies. Avec Ormuz entravé et Bab el-Mandeb de plus en plus vulnérable, la désescalade devient un impératif économique.

Sur le terrain, les combats de ces dernières semaines dans l’ouest du Yémen ont tué des centaines de personnes et poussé près de 86 000 habitants à quitter leur foyer, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Les forces gouvernementales affirment avoir repris certaines positions dans la région de Taëz et avoir tué au moins une dizaine de combattants houthis lors de frappes aériennes. Le pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, garde en mémoire la guerre qui l’a déchiré entre 2014 et 2022, des centaines de milliers de morts et une crise humanitaire majeure. Après des années d’accalmie, il a basculé en juillet dans le conflit régional déclenché par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran fin février.

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