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Bangsamoro joue sa première élection, des tirs éclatent avant le vote

Dans le sud des Philippines, une région à majorité musulmane élit pour la première fois son propre Parlement. Mais quelques heures avant l’ouverture des…

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Bangsamoro joue sa première élection, des tirs éclatent avant le vote

Dans le sud des Philippines, une région à majorité musulmane élit pour la première fois son propre Parlement. Mais quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote, une fusillade a fait trois morts et quinze blessés à Cotabato.

Les habitants de Bangsamoro ont commencé à voter pour désigner leur Parlement local. Une première pour cette région du sud des Philippines, à majorité musulmane. Jusqu’ici, les parlementaires étaient nommés, jamais élus. Plus de deux millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour répartir 80 sièges, que se disputent 13 formations politiques. Le scrutin marque l’aboutissement d’un long processus de paix, entamé à la fin des années 1990 et qui a fini par donner naissance à cette entité autonome, au cœur d’un pays où les catholiques sont majoritaires.

La journée avait pourtant mal commencé. Quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote, une fusillade a éclaté à Cotabato, la capitale régionale, faisant trois morts et quinze blessés. Une simple querelle serait à l’origine du drame, selon le chef de la police locale, Jibin Bongcayao. Deux groupes de partisans se disputaient leur place dans la file d’attente, devant une école transformée en bureau de vote. La bousculade a tourné à la bagarre, puis aux coups de feu, dans un lieu noir de monde.

Les hommes impliqués appartenaient à des factions rivales du Front islamique de libération moro (Milf), la plus grande rébellion du pays, qui s’est battue des décennies durant pour l’autonomie de la région. Le conflit séparatiste a fait 150.000 morts depuis les années 1970. La violence n’a pas disparu, et les autorités le savent. Plus de 20.000 membres des forces de l’ordre ont été mobilisés pour sécuriser le vote. Le mois dernier, un convoi transportant le chef du gouvernement local par intérim, désigné par le président Ferdinand Marcos, avait déjà été attaqué.

À Marawi, ville encore marquée par les combats de 2017 entre jihadistes et armée gouvernementale, les électeurs ont fait la queue dès les premières heures, sous la surveillance des forces de sécurité et de véhicules blindés. « Nous sommes impatients, nous sommes venus tôt », s’exclame Mohammad Actar Macabada, 18 ans, à peine sorti du bureau de vote. « Je suis nerveux parce que ce sera peut-être le chaos. Avant, c’était le chaos. Maintenant, c’est paisible », confie-t-il, pressé de découvrir les résultats.

Pour les responsables de partis, un scrutin sans heurts serait déjà une victoire, dans une région où la politique se mêle aux règlements de comptes familiaux. Un homme est tout de même mort à l’hôpital après une explosion survenue près d’un bureau de vote, un incident que la police cherche encore à élucider.

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