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En Géorgie, le patron du renseignement s’en va, le quatrième en deux ans

Geka Geladzé quitte la tête du Service de sécurité d’État après moins de cinq mois passés au poste. Cette démission s’ajoute à une longue série de départs…

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En Géorgie, le patron du renseignement s'en va, le quatrième en deux ans

Geka Geladzé quitte la tête du Service de sécurité d’État après moins de cinq mois passés au poste. Cette démission s’ajoute à une longue série de départs au sommet de l’appareil d’État, dans un pays sous forte tension politique.

Geka Geladzé a annoncé sa démission lundi, moins de cinq mois après avoir pris la direction du puissant Service de sécurité d’État géorgien. Il devient ainsi le quatrième patron de cette institution à quitter ses fonctions en moins de deux ans. Dans un communiqué, il explique avoir arrêté son choix après des « consultations avec l’équipe politique », sans livrer la moindre explication sur les motifs de son départ. Il précise simplement qu’il poursuivra son parcours dans une autre administration.

Ce jeu de chaises musicales ne concerne pas seulement les services de sécurité. Depuis le printemps 2025, les ministres de l’Intérieur et des Infrastructures ont eux aussi rendu leur tablier, tandis que celui de l’Économie a été remplacé. Plus lourd encore, l’ancien Premier ministre Irakli Garibachvili a été condamné à cinq ans de prison pour blanchiment d’argent. D’autres anciens hauts responsables ont été poursuivis, notamment pour corruption. Pour les analystes, cette accumulation de départs et de remaniements traduit surtout les fractures qui traversent l’élite au pouvoir.

Le tout se déroule sur fond de crise politique installée depuis des mois. Le parti Rêve géorgien, aux commandes, est pointé du doigt pour son traitement de l’opposition et de la société civile, mais aussi pour la direction qu’il impose au pays, de plus en plus éloignée de l’Union européenne. En novembre 2024, le gouvernement a décidé de repousser à 2028 l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE. Cette annonce avait mis le feu aux poudres et déclenché des manifestations de masse, réprimées avec violence.

À Bruxelles, on estime que le recul démocratique du gouvernement bloque purement et simplement le processus d’adhésion de la Géorgie. Plusieurs opposants croupissent en prison, et l’adoption de lois toujours plus restrictives, couplée aux pressions exercées sur les médias indépendants et sur les organisations de la société civile, a provoqué une vague de condamnations à l’étranger. La semaine dernière, 34 pays ont interpellé la Géorgie devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Ils réclament la libération des personnes détenues arbitrairement et exigent qu’une enquête soit menée sur les accusations d’usage excessif de la force.

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