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Le sud du Liban vit sous les bombes, la trêve n’a rien changé pour les civils

Israël maintient ses frappes contre le Hezbollah dans le sud du Liban, malgré l’accord de cessez-le-feu. En quelques jours, 27 personnes ont été tuées…

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Le sud du Liban vit sous les bombes, la trêve n'a rien changé pour les civils

Israël maintient ses frappes contre le Hezbollah dans le sud du Liban, malgré l’accord de cessez-le-feu. En quelques jours, 27 personnes ont été tuées, dont des familles entières surprises en pleine nuit.

Israël ne compte pas relâcher la pression. Lundi, l’armée israélienne a répété qu’elle continuerait de viser le Hezbollah dans le sud du Liban, trêve ou pas. Le bilan de ces derniers jours donne la mesure de ce que cela signifie pour les habitants. Treize personnes ont été tuées, parmi lesquelles des femmes et des enfants, et la plupart appartenaient à une même famille.

Le drame le plus lourd s’est joué dans la nuit de dimanche à lundi, à Kfar Remmane, un village collé à la grande ville de Nabatiyé. Onze personnes ont péri dans la frappe d’un immeuble d’habitation, dont deux enfants et quatre femmes, selon le ministère de la Santé. Un jeune homme de 18 ans, membre d’une organisation de secours proche du Hezbollah, a lui aussi été tué dans ce village, et un autre habitant a été blessé. Du bâtiment de trois étages, il ne reste rien. Des manuels scolaires et des morceaux de meubles jonchent les décombres.

Ces habitants étaient rentrés chez eux au moment de la trêve de juin, après avoir été déplacés par les combats entre Israël et le Hezbollah. « Depuis qu’on est revenus, on vit dans l’angoisse », confie Fouad Chakaron, qui vit dans le quartier. Il assure que l’immeuble touché abritait « des gens qui n’avaient aucun lien avec quiconque », autrement dit avec le mouvement chiite. Après le raid, les riverains ont fui de nouveau, et plusieurs bâtiments voisins ont été endommagés.

Cette fois, aucun avertissement n’a précédé le tir, contrairement à une frappe menée dans le village voisin de Deir Zahrani. L’armée israélienne explique avoir visé des « sites d’infrastructures » du Hezbollah après le lancement de deux drones chargés d’explosifs en direction de ses soldats. Elle affirme vouloir continuer à « mener des opérations pour éliminer les menaces tout en restant attachée à l’accord de cessez-le-feu ». Un drone explosif avait déjà été lancé vers les forces israéliennes dans la nuit, et l’armée avait prévenu sur Telegram qu’elle allait « cibler » un local du Hezbollah. Abbas Toufeili, propriétaire du bâtiment, dit avoir reçu un appel « à deux heures du matin, me disant de sortir ». Il a réveillé sa femme, ses enfants et sa mère âgée. « Nous sommes sortis en pyjama et sommes restés debout dans la rue. Cinq minutes plus tard, l’aviation a bombardé la maison. »

Les frappes n’ont pas cessé avec le jour. Une personne a été tuée dans le village de Rihan, et neuf autres ont été blessées à Nabatiyé, dont deux enfants et trois femmes. Depuis vendredi, 27 personnes ont perdu la vie dans le sud, selon le ministère de la Santé. Côté israélien, le ministère des Affaires étrangères a prévenu sur X que le Hezbollah « continue d’essayer de reconstituer ses capacités militaires dans le sud du Liban » et que ces « violations ne seront pas tolérées ».

Le contexte reste lourd. Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit régional en lançant dès mars des attaques contre Israël pour soutenir l’Iran, son allié. Les représailles israéliennes ont fait plus de 4 300 morts. Les hostilités ont baissé d’intensité depuis fin juin, après un protocole d’accord américano-iranien et un accord-cadre entre le Liban et Israël, mais l’armée israélienne poursuit des frappes sporadiques dans le sud, où elle occupe une bande frontalière d’une dizaine de kilomètres. Le Hezbollah n’a plus revendiqué d’attaque depuis le 20 juin. Jeudi, Israël a annoncé avoir pris le contrôle de la crête montagneuse d’Ali Taher, qui surplombe Nabatiyé, en affirmant que le mouvement chiite y avait creusé un réseau de tunnels souterrains. Le Hezbollah n’a pas confirmé.

Après les frappes de dimanche, le président libanais Joseph Aoun a appelé Washington et la communauté internationale à « faire cesser » les attaques israéliennes. De nouveaux pourparlers entre responsables libanais et israéliens sont attendus ce mois-ci, sans qu’aucune date n’ait été annoncée.

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