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L’IA a fait grimper les marchés, elle pourrait aussi les fragiliser

Pendant deux ans, l’intelligence artificielle a porté la Bourse et soutenu l’économie mondiale. Mais l’organisme qui fédère les banques centrales prévient…

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L'IA a fait grimper les marchés, elle pourrait aussi les fragiliser

Pendant deux ans, l’intelligence artificielle a porté la Bourse et soutenu l’économie mondiale. Mais l’organisme qui fédère les banques centrales prévient que cette dynamique montre des signes de faiblesse, entre dettes technologiques en hausse et financements opaques.

Depuis deux ans, l’intelligence artificielle porte une large part de l’enthousiasme des investisseurs et a propulsé les marchés boursiers mondiaux. Cette vague commence pourtant à montrer des signes de fatigue. Dans un nouveau rapport, la Banque des règlements internationaux, qui coordonne les grandes banques centrales de la planète, souligne la prudence croissante des investisseurs. Ceux-ci doutent de plus en plus de la rentabilité des sommes colossales investies dans l’IA, d’autant que l’endettement des géants américains du secteur continue de gonfler.

Le signal est d’autant plus fort que les actions liées à l’IA ont nettement reculé, après que des dirigeants de plusieurs grandes entreprises du secteur ont appelé à ralentir le rythme de développement de cette technologie, évoquant une possible menace pour l’humanité. À ce climat s’ajoute un environnement mondial instable, entre finances publiques sous tension, rivalités géopolitiques et prix de l’énergie erratiques. Autre sujet d’inquiétude, les centaines de milliards de dollars de dette émise pour financer l’IA pourraient renchérir le coût de l’emprunt des États, pesant sur des niveaux d’endettement déjà surveillés de près.

L’institution relie cette tension à la fragilité budgétaire qui accompagne l’incertitude économique. Pas de panique générale pour autant. Un responsable de l’institution y voit un appétit pour le risque resté remarquablement solide récemment, sans signe de tension majeure. Mais il prévient que cette résistance pourrait ne pas tenir si la pression sur les rendements se poursuit. La BRI, surnommée la banque centrale des banques centrales, alerte depuis des années sur les niveaux d’endettement mondiaux et les bulles boursières potentielles.

Ce qui inquiète le plus, c’est la vitesse à laquelle la dette liée à l’IA grimpe. Beaucoup de ces financements restent opaques, souvent logés hors bilan, avec des interdépendances difficiles à démêler. Les chiffres donnent la mesure du phénomène. L’endettement total des entreprises technologiques est passé d’environ 22 milliards de dollars en 2010, soit 22% du crédit privé total, à plus de 1.000 milliards de dollars en 2025, soit 44%. Tous types de prêts confondus, l’encours atteint près de 2.500 milliards de dollars.

Le rapport explore aussi un autre terrain. Une étude a mobilisé l’intelligence artificielle pour analyser des milliers de discours et de rapports de banques centrales. Elle montre que les indicateurs d’inflation sous-jacente, qui effacent les à-coups des prix de l’énergie, y sont cités plus souvent et sous des formes plus variées. Un reflet de l’évolution de l’économie, mais aussi un casse-tête, car des messages toujours plus complexes peuvent compliquer le dialogue des banques centrales avec le grand public.

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