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Le Sénat américain dit non à la grande loi sur les cryptomonnaies

Républicains et démocrates n’ont pas su s’entendre, et le Sénat américain a refusé d’ouvrir le débat sur le CLARITY Act. Ce texte de plus de 600 pages…

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Le Sénat américain dit non à la grande loi sur les cryptomonnaies

Républicains et démocrates n’ont pas su s’entendre, et le Sénat américain a refusé d’ouvrir le débat sur le CLARITY Act. Ce texte de plus de 600 pages devait enfin offrir des règles claires à un secteur en pleine expansion.

Le Sénat américain a stoppé net la première grande tentative de réguler les cryptomonnaies. Le CLARITY Act n’a pas rassemblé les 60 voix indispensables pour lancer les discussions. Des mois de tractations n’ont rien changé, et les deux camps sont restés campés sur leurs positions. C’est un coup d’arrêt pour un chantier que beaucoup jugeaient urgent.

L’un des principaux points de blocage portait sur les balises que réclamaient les démocrates autour des intérêts financiers de Donald Trump dans ce secteur. D’après les déclarations financières publiques du président, sa famille et lui ont engrangé plus d’un milliard de dollars grâce à des activités liées aux cryptomonnaies l’an dernier. Elizabeth Warren, sénatrice démocrate du Massachusetts et figure de proue de son camp à la commission bancaire, a averti que le projet faisait peser de lourdes menaces sur les familles américaines, la sécurité du pays et son économie. À ses yeux, le texte donnerait surtout au président les moyens de multiplier ses gains dans les cryptomonnaies, au moment même où les ménages peinent à boucler leurs fins de mois.

De l’autre côté, les partisans du projet encaissent une défaite de taille. Cynthia Lummis, sénatrice républicaine du Wyoming et l’une des chevilles ouvrières du texte, a souligné que la mouture finale reprenait plus de 120 modifications demandées par les démocrates, notamment pour durcir les règles éthiques. Elle a prévenu qu’un vote contre revenait à bloquer de vraies réformes sur les investissements personnels des responsables politiques, à laisser filer la tête d’affiche américaine dans les actifs numériques au profit de concurrents étrangers et à abandonner les Américains sans protection sur ces marchés.

L’opposition n’était pas seulement politique. Les banques locales ont bataillé ferme contre les dispositions qui autorisaient le versement de rendements sur les stablecoins, ces cryptomonnaies adossées à une devise classique. Elles redoutent que ces rendements ne vident les dépôts bancaires, réduisant d’autant l’argent disponible pour financer agriculteurs et petites entreprises. Plusieurs sénateurs républicains ont aussi émis des doutes, ce qui a compliqué la quête de voix dans leur propre camp.

Le calendrier n’aide pas. À quelques semaines des élections législatives de mi-mandat du 3 novembre, et alors que l’agenda parlementaire se resserre, le dossier pourrait bien être renvoyé à l’installation du prochain Congrès, en janvier. Cet épisode illustre aussi la difficulté du Congrès à suivre le rythme des nouvelles technologies, sur fond de débats tout aussi ardus autour de l’intelligence artificielle.

Les marchés ont réagi dans la foulée. Le bitcoin, qui reculait déjà avant le vote, a accentué sa chute. La plus capitalisée des cryptomonnaies perdait 4,46% à 75.556 dollars, après avoir lâché plus de 5,50%.

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