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Cinq millions de personnes submergées par les eaux dans l’est de l’Inde

Les crues qui frappent l’État du Bihar depuis début septembre ont englouti des villages entiers et plongé près de cinq millions d’habitants dans une lutte…

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Cinq millions de personnes submergées par les eaux dans l'est de l'Inde

Les crues qui frappent l’État du Bihar depuis début septembre ont englouti des villages entiers et plongé près de cinq millions d’habitants dans une lutte quotidienne pour survivre. Face à des fleuves qui débordent encore, les secours s’organisent tant bien que mal.

L’État du Bihar, dans l’est de l’Inde, traverse l’une de ses pires saisons de mousson. Après des pluies d’une rare intensité, les sept principaux cours d’eau de la région ont franchi leur seuil de danger, et les eaux ont peu à peu englouti de vastes étendues de terres agricoles. Ce territoire frontalier du Népal, frappé par les crues de façon quasi systématique, compte aujourd’hui près de cinq millions de personnes directement touchées. Le bilan humain reste lourd, avec vingt morts recensés.

Sur place, la détresse se lit dans chaque témoignage. À Saran, Chandan Kumar Mahto, 46 ans, n’arrive plus à se procurer de quoi nourrir les siens. Sa maison et ses rizières sont sous l’eau, comme celles de centaines d’habitants des villages voisins. « Les inondations sont notre destin, chaque année, nous y faisons face », lâche-t-il, résigné. À Vaishali, Lakhmania Devi, 42 ans, s’est réfugiée sur le toit de sa maison avec sa famille. « Nous vivons comme des nomades, sans cuisine pour préparer nos repas, et nous buvons de l’eau sale pour survivre », raconte-t-elle. À Bhagalpur, Hari Mandal, 28 ans, a perdu son travail et redoute le pire. « Si cela continue, je n’aurai plus rien à manger, car je n’ai plus d’économies pour survivre », confie l’ouvrier du village de Ghogha.

Les autorités tentent de répondre à l’urgence. Treize centres d’hébergement ont été ouverts, plus de 1 000 structures préparent des repas et près de 1 800 bateaux de secours sillonnent les zones sinistrées. « De la nourriture, de l’eau potable, des médicaments et d’autres produits de première nécessité sont fournis en continu aux familles dans le besoin », assure Vijay Kumar Chaudhary, vice-chef du gouvernement du Bihar. Une aide de 7 000 roupies, soit environ 63 euros, a par ailleurs été versée à plus de 827 000 familles, indique le chef du gouvernement de l’État, Samrat Choudhary.

Le voisin népalais n’est pas épargné. Lui aussi frappé par des crues meurtrières fin août, il déverse une partie de ses eaux vers le Bihar, accentuant la pression sur des sols déjà saturés. Le Premier ministre indien Narendra Modi a envoyé sur place une équipe du gouvernement fédéral pour mesurer l’ampleur des dégâts. Pour les habitants, la reconstruction s’annonce longue, dans un État où les inondations reviennent inlassablement, année après année.

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