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Trois mois de répit pour l’usine de pâte à papier de Saint-Gaudens

Le tribunal de commerce de Toulouse laisse à Fibre Excellence jusqu’au 22 octobre pour recevoir des offres de reprise solides pour son site de…

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Trois mois de sursis pour l'usine de pâte à papier de Saint-Gaudens

Mis à jour le 15 septembre à 12h32

Le tribunal de commerce de Toulouse laisse à Fibre Excellence jusqu’au 22 octobre pour recevoir des offres de reprise solides pour son site de Haute-Garonne, où travaillent 270 personnes. L’État et la région Occitanie mettent la main au portefeuille pour tenir jusque-là.

Les 270 salariés de l’usine de Saint-Gaudens respirent un peu. Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé un délai supplémentaire de trois mois à Fibre Excellence, le temps que des investisseurs potentiels bouclent leur offre de reprise du site. Les magistrats ont fixé la limite au 22 octobre, à midi. L’entreprise, numéro un français de la pâte à papier, est en redressement judiciaire depuis la fin du mois d’avril.

Le dossier reste fragile. L’autre usine du groupe, installée à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône, a été placée en liquidation judiciaire fin juillet, après le rejet de l’offre portée par le financier Matthieu Pigasse. Depuis, un nouvel acteur s’est manifesté. Le groupe alsacien Soprema s’intéresse au site de Saint-Gaudens, avec le soutien de la région Occitanie, mais il doit s’associer à un autre partenaire pour que le projet tienne debout. Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public, qui réclamait début septembre une poursuite de l’activité sur trois mois.

Pour financer cette période charnière, qui court jusqu’au 15 décembre, l’État va verser 2 millions d’euros jusqu’au 30 septembre. Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a prévenu qu’à cette date, il attendrait « des engagements précis » de la part des porteurs du projet. La région Occitanie complétera avec 3,5 millions d’euros, pour la tranche qui va d’octobre à la mi-décembre. Le ministre a salué une décision rendue possible par l’engagement financier de l’État et de la région.

Chez les élus et les salariés, le soulagement domine. La présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, parle d’une bataille gagnée et d’un immense soulagement pour les salariés, leurs familles et les syndicats qui se battent depuis plus de neuf mois. Elle juge le projet des deux industriels « solide, pérenne et rentable » et indique qu’ils devaient se retrouver dans la foulée pour poursuivre le travail engagé. Pour le secrétaire général de la CGT en Haute-Garonne, Cédric Caubère, le tribunal a ainsi pris la mesure du sérieux de l’offre.

L’enjeu dépasse le seul site de Saint-Gaudens. L’usine transforme du bois en pâte à papier destinée aux cahiers, au papier hygiénique ou aux emballages cartonnés, un maillon que les représentants du personnel et les pouvoirs locaux rattachent à la souveraineté industrielle française. Son histoire récente illustre la fragilité du secteur. Après avoir injecté près de 300 millions d’euros, l’actionnaire indonésien du groupe, Jackson Wijaya, a jeté l’éponge au printemps, invoquant un manque de rentabilité. C’est ce retrait qui a précipité le placement en redressement judiciaire.

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