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Les centrales américaines pourront désormais polluer sans plafond

Le gouvernement de Donald Trump supprime les limites d’émissions de gaz à effet de serre imposées aux centrales électriques et veut bloquer par avance…

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Les centrales américaines pourront désormais polluer sans plafond

Le gouvernement de Donald Trump supprime les limites d’émissions de gaz à effet de serre imposées aux centrales électriques et veut bloquer par avance toute règle future. Le pays sort pourtant de son été le plus chaud jamais mesuré et traverse une sécheresse massive.

L’annonce a été faite à Houston, au Texas, devant les ministres de l’Énergie du G20. L’Agence américaine de protection de l’environnement supprime les plafonds d’émissions de gaz à effet de serre qui s’appliquaient aux centrales électriques depuis 2024, sous la présidence de Joe Biden. Et elle ne s’arrête pas là, puisque le texte propose aussi de verrouiller par avance toute réglementation future en la matière. « Aujourd’hui, nous supprimons les lourdeurs bureaucratiques afin de mettre en œuvre la plus vaste opération de déréglementation jamais engagée dans le secteur de l’électricité », a lancé le patron de l’agence, Lee Zeldin, lors d’une conférence de presse, assurant que son administration ne « tordra en aucun cas la loi pour céder à l’alarmisme ou au radicalisme climatiques ». Il a également accusé les journalistes de chercher à effrayer le public sur le sujet.

Le périmètre concerné est tout sauf anecdotique. La production d’électricité pèse près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre des États-Unis, premier pollueur historique de la planète. En 2025, les centrales au gaz naturel fournissaient 41 % de l’électricité du pays et celles au charbon 17 %. Une analyse de l’Institute for Policy Integrity concluait cette année-là que, si le secteur électrique américain était un pays, il figurerait au sixième rang des plus gros émetteurs mondiaux.

Le calendrier ajoute à la tension. Le pays sort d’un été record en matière de chaleur et affronte une sécheresse de grande ampleur. Dans le même temps, la demande d’électricité grimpe en flèche, portée par les centres de données dont l’intelligence artificielle a besoin. Pour l’agence, déréguler doit permettre de libérer le plein potentiel énergétique américain, avec à la clé des économies de plusieurs centaines de milliards de dollars, un calcul que ses détracteurs récusent. L’agence assure pour sa part que sa décision ne concerne que les gaz à effet de serre et que les rejets d’autres substances resteront encadrés.

Les réactions ont fusé. « Les dirigeants américains renforcent les profits de l’industrie des énergies fossiles et font complètement fi de la santé et du bien-être de la population », a réagi Rachel Cleetus, de l’association Union of Concerned Scientists, pour qui l’agence a « complètement renoncé à sa mission, et elle le fait d’une manière cruelle. Elle s’en vante même avec jubilation ». Dès l’été 2025, quand l’administration avait affiché son intention de lever ces plafonds, plus de 200 soignants et experts lui avaient écrit pour exprimer leur vive inquiétude face à ce qu’ils décrivaient comme un cadeau flagrant aux pollueurs.

La suite se jouera sans doute devant les tribunaux. Meredith Hankins, juriste au sein de l’organisation NRDC, dit repérer des contradictions dans le raisonnement des responsables américains et se réjouit d’avance de les retrouver à l’audience. D’autres associations ont annoncé leur intention de saisir la justice. L’agence, elle, estime que les objectifs de réduction fixés sous Joe Biden étaient intenables et soutient qu’elle n’a tout simplement pas le pouvoir de réguler les émissions de gaz à effet de serre du secteur électrique. Même si elle l’avait, ajoute-t-elle, une telle mesure serait vaine face au réchauffement mondial.

Cette décision s’inscrit dans un mouvement bien plus large. Donald Trump, défenseur affiché des énergies fossiles, fait marche arrière sur le climat depuis son retour à la Maison Blanche, sortant une nouvelle fois les États-Unis de l’Accord de Paris et démantelant de nombreuses normes environnementales. Début 2026, il est allé encore plus loin en abrogeant le texte qui servait de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre dans le pays, un revirement que scientifiques et défenseurs de l’environnement combattent.

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