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Le Royaume-Uni reprend la main sur sa troisième aciérie et sauve plus de 1.300 emplois

Faute de repreneur privé jugé crédible, Londres s’apprête à nationaliser Speciality Steel, dont il avait déjà pris le contrôle temporaire. Objectif…

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Le Royaume-Uni reprend la main sur sa troisième aciérie et sauve plus de 1.300 emplois

Faute de repreneur privé jugé crédible, Londres s’apprête à nationaliser Speciality Steel, dont il avait déjà pris le contrôle temporaire. Objectif affiché, garantir un avenir à l’entreprise et à ses 1.300 salariés.

Le gouvernement britannique l’a clairement fait savoir. Il veut nationaliser Speciality Steel, troisième aciérie du pays, une entreprise qu’il surveille de près depuis déjà un an. Le motif est simple et tient en une phrase. Aucune offre de rachat portée par le privé n’a été jugée suffisamment solide pour reprendre le site.

« Nous n’intervenons pas à la légère dans des entreprises privées », assure le ministre des Entreprises Jonathan Reynolds. Il ajoute aussitôt que l’exécutif ne pouvait pas non plus « rester les bras croisés et laisser l’avenir de cette entreprise et de plus de 1.300 emplois se décider par défaut ». Travailler à une acquisition publique permet, selon lui, de garder toutes les options ouvertes le temps de discuter avec les responsables locaux, les salariés, le secteur et les investisseurs, afin de choisir la meilleure trajectoire pour ces sites.

Le contexte ne facilite rien. La sidérurgie britannique traverse une mauvaise passe, comme une large partie du secteur à l’échelle mondiale. Une surcapacité de production a fait plonger les prix, et la Chine est largement montrée du doigt dans cette chute. S’ajoutent à cela les droits de douane imposés par les États-Unis, qui pèsent sur les exportations.

Cette décision arrive deux mois après un autre mouvement de grande ampleur. Le Royaume-Uni a nationalisé le sidérurgiste British Steel, jusque-là propriété du groupe chinois Jingye, en invoquant la « sécurité nationale ». L’enjeu était concret, éviter la fermeture des deux derniers hauts fourneaux au charbon encore en activité dans le pays.

Pour Speciality Steel, l’histoire est plus ancienne. L’État en avait pris le contrôle temporaire en août 2025, après la mise en liquidation de l’entreprise, qui appartient au groupe Liberty Steel de l’homme d’affaires indo-britannique Sanjeev Gupta. Un candidat repreneur avait bien été identifié plus tôt cette année. Mais après examen, le gouvernement a fini par conclure que la proposition sur la table ne garantissait pas la stabilité nécessaire sur le long terme. La préférence affichée restait pourtant claire, une solution venue du privé.

Reste à savoir ce que ces sites représentent vraiment. Les usines de Rotherham, Stocksbridge, Brinsworth et Wednesbury ne produisent pas n’importe quel acier. Elles fabriquent des aciers spécialisés destinés à l’aéronautique, à la défense et à la fabrication avancée. Autrement dit, des secteurs stratégiques. Selon le gouvernement, ces capacités pourraient jouer un rôle central dans sa stratégie industrielle. C’est là tout l’enjeu de l’opération. Garder sous pavillon public une production difficile à remplacer, plutôt que de laisser partir un pan entier de la souveraineté industrielle du pays.

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