Économie
La méga-raffinerie de Dangote entre en Bourse et vise le trône mondial
L’homme le plus riche d’Afrique ouvre le capital de son immense raffinerie nigériane aux investisseurs du continent. Derrière l’opération, une idée…


L’homme le plus riche d’Afrique ouvre le capital de son immense raffinerie nigériane aux investisseurs du continent. Derrière l’opération, une idée simple, faire profiter le plus grand nombre d’un projet industriel hors norme.
Aliko Dangote a franchi une étape qu’il présente lui-même comme décisive. Sa méga-raffinerie, installée en périphérie de Lagos, la capitale économique du Nigeria, est désormais cotée à la Bourse nigériane. Le milliardaire n’a pas caché son émotion, parlant d’un jour historique pour celui qui ambitionne de faire de son site la plus grande raffinerie au monde. Sa portée, dit-il, va bien au-delà d’une simple entreprise. Il y voit une nouvelle possibilité ouverte au Nigeria, à l’Afrique et à la race noire.
Les chiffres donnent la mesure du projet. L’installation peut traiter 700 000 barils par jour, soit davantage que ce que consomme le Nigeria, pays le plus peuplé du continent avec plus de 240 millions d’habitants. Elle a donc commencé à expédier ses carburants à l’étranger il y a quelques mois. La compagnie affirme même être devenue le premier fournisseur externe de carburant aviation pour l’Europe. Mise en service il y a deux ans, elle est déjà la plus grande raffinerie d’Afrique.
Et ce n’est qu’un début. Le site prévoit de plus que doubler sa production pour atteindre 1,4 million de barils par jour d’ici à 2028. À cette échéance, il dépasserait la raffinerie indienne de Jamnagar et prendrait la première place mondiale.
Pour le grand public, l’ouverture du capital se veut accessible. Il faudra au minimum dix actions, à 525 nairas l’unité, avec l’espoir de lever jusqu’à 2 150 milliards de nairas, soit 1,4 milliard d’euros, pour 4,1 milliards de titres. L’opération se termine le 13 octobre. Aliko Dangote la présente comme la plus grande introduction en Bourse de l’histoire africaine, avec un objectif de dix millions d’actionnaires à travers le continent, y compris parmi les personnes aux revenus modestes. Un actif de cette ampleur ne devrait pas, selon lui, créer de la valeur pour quelques-uns seulement, mais pour des millions de gens. Il compare volontiers l’aventure à celles d’Amazon et de Microsoft, dont les premiers actionnaires ont vu leur mise prendre une ampleur spectaculaire.
Le premier jour a suscité un vif intérêt. Des plateformes d’investissement, à l’image de Bamboo, ont signalé un trafic bien plus élevé que prévu de personnes cherchant à accéder à l’opération. L’ambition affichée reste la même, donner aux Nigérians et aux Africains ordinaires la possibilité de détenir une part du plus grand projet industriel du continent.
Cette raffinerie pèse désormais lourd dans l’empire économique de Dangote, qui s’étend du ciment et du sucre à la production d’engrais. En juillet, elle avait déjà obtenu 2,5 milliards de dollars d’investisseurs privés. Son fondateur ne compte pas s’arrêter là, puisqu’il envisage de bâtir une autre raffinerie de 700 000 barils par jour en Afrique de l’Est, à Lamu, sur la côte kényane. Un pari de taille quand on sait que le continent importe aujourd’hui plus de 70 % de ses carburants raffinés.
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