Économie
Les Bourses reculent, le pétrole s’envole et la Fed tient le marché en haleine
Les places boursières ont terminé en baisse lundi, Londres excepté, alors que le pétrole flambe et que les valeurs de l’intelligence artificielle…


Les places boursières ont terminé en baisse lundi, Londres excepté, alors que le pétrole flambe et que les valeurs de l’intelligence artificielle décrochent. Tous les regards sont braqués sur la Réserve fédérale américaine, qui pourrait relever ses taux cette semaine.
Journée morose sur les marchés. Les Bourses européennes ont presque toutes fini dans le rouge, Londres étant la seule à tirer son épingle du jeu. Le CAC 40 a lâché 0,76% pour clôturer à 8.117,78 points, tandis que le Dax allemand reculait de 0,60% et l’EuroStoxx 50 de 1,08%. Le Stoxx 600 et le FTSEurofirst 300 ont cédé respectivement 0,48% et 0,50%. Le Footsie britannique, lui, a avancé de 0,44%, soutenu par les valeurs liées aux hydrocarbures. Outre-Atlantique, la tendance n’était pas plus engageante à la mi-séance, avec un Dow Jones en repli de 0,12%, un S&P 500 à -0,33% et un Nasdaq à -0,37%.
Car c’est bien l’intelligence artificielle qui plombe l’ambiance. Le Nasdaq a touché en séance un creux de six semaines, à 25.992 points, les actions du secteur pesant lourdement sur le moral des investisseurs. La raison? Un appel à la prudence lancé par de grandes sociétés américaines, parmi lesquelles Microsoft, xAI, Anthropic et OpenAI, qui réclament un ralentissement du développement de l’IA au nom des risques pour la sécurité. En Europe, les spécialistes des puces ont encaissé de plein fouet. Soitec a dévissé de 12,82% et STMicroelectronics de 6,58%, quand ASML, ASMI et Infineon ont abandonné entre 6,24% et 8,26%. Les groupes liés aux centres de données n’ont pas été épargnés non plus, Legrand cédant 6,69% et Schneider 6,54%.
Les investisseurs avaient de toute façon l’esprit ailleurs, tourné vers la réunion de deux jours de la Réserve fédérale américaine qui s’ouvre. La banque centrale pourrait relever mercredi ses taux directeurs d’un quart de point pour tenter de contenir une inflation encore trop vigoureuse. L’indice des prix à la consommation est ressorti à 3,4% sur un an en août, loin de l’objectif de 2% visé à moyen terme. Le marché estime désormais à environ 90% la probabilité de cette hausse, contre 60% la semaine passée, selon le baromètre Fedwatch de CME Group. La semaine sera aussi marquée par les décisions de la Banque du Japon et de la Banque d’Angleterre, après celle de la Banque centrale européenne, de quoi entretenir une bonne dose de nervosité.
Le marché obligataire en dit long sur cette tension. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans a dépassé le seuil des 5%, au plus haut depuis octobre 2023, avant de redescendre à 4,967% à la clôture des Bourses européennes. En cause, des pressions inflationnistes tenaces, des inquiétudes budgétaires et des émissions massives de titres de créance, notamment pour financer les dépenses liées à l’intelligence artificielle. Côté allemand, le Bund à dix ans a fini en hausse de près de trois points de base, à 3,5307%, après avoir bondi de plus de 16 points la semaine dernière, sa plus forte progression hebdomadaire depuis début mars. L’écart de rendement entre le Bund et l’OAT française s’est rapproché du seuil des 100 points de base, à 97,7, alors que le projet de budget français doit être déposé à l’Assemblée nationale au plus tard le 6 octobre.
Sur le marché des changes, le dollar prend 0,42% face à un panier de devises de référence et a touché un sommet depuis le 2 septembre, à 99,648 points. L’euro cède 0,52% à 1,1539 dollar, après être descendu à un plus bas d’un mois, à 1,1524. La livre sterling s’échange à 1,3480 dollar, en baisse de 0,27%, les marchés tablant sur un statu quo de la Banque d’Angleterre jeudi malgré les divergences au sein de ses membres.
Le pétrole, enfin, a signé une séance remarquée. Le Brent a grimpé de 3,66% à 108,48 dollars le baril et le WTI de 3,73% à 103,81 dollars, après avoir gagné plus de 4% en séance, au plus haut depuis le 19 mai. De nouvelles frappes contre des infrastructures énergétiques saoudiennes et des attaques contre des navires au Moyen-Orient ont ravivé les craintes sur l’approvisionnement. L’Arabie saoudite a même demandé le report d’une réunion entre les pays du Golfe et l’Iran, prévue lundi, consacrée à la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Tout n’était pas noir pour autant. GSK a gagné 4,74% après l’annonce de résultats positifs pour deux de ses médicaments contre le cancer du poumon, ce qui a porté l’ensemble du compartiment de la santé du Stoxx 600 à +2,72%. Zegona Communications s’est adjugé 3,53%, stimulé par des informations de médias espagnols évoquant un possible rachat de Vodafone Espagne par Telefonica, qui a pris 0,57%.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 7 joursLa tour Eiffel ferme après l’effacement forcé de ses employées



PolitiqueEn Ligne 4 joursDavid Lisnard rempile à la tête des maires de France



SociétéEn Ligne 3 joursÀ Port-Grimaud, les copropriétaires veulent divorcer de leur commune



SociétéEn Ligne 7 joursLa tour Eiffel reste fermée et ses équipes se rebellent après une consigne discriminatoire



ÉconomieEn Ligne 7 joursKawasaki choisit Strasbourg pour imaginer les robots qui soigneront demain



PolitiqueEn Ligne 4 joursSénatoriales, le RN veut sa place pendant que droite et gauche se divisent



PlanèteEn Ligne 6 joursL’État reprend la main sur une usine chimique à l’abandon pour éviter une catastrophe dans le Rhône



Faits DiversEn Ligne 5 joursDes policiers municipaux de Carcassonne filmés en train de proférer des insultes racistes et sexistes








